À retenir
L'essentiel
R30 définit les feux d'un navire immobilisé : blanc tout-horizon à l'avant au mouillage (et un second à l'arrière plus bas dès 50 m), plus deux rouges superposés tout-horizon si le navire est échoué. Chaque situation a ses marques de jour correspondantes.
- Mouillage ≥ 50 m : 2 feux blancs tout-horizon — 1 à l'avant, 1 à l'arrière plus bas (R30 a). De jour : 1 boule à l'avant.
- Mouillage < 50 m : un seul feu blanc tout-horizon à l'endroit le plus visible suffit (R30 b). La dispense des deux feux est une option, pas une obligation.
- Échoué : feux de mouillage PLUS 2 feux rouges superposés tout-horizon. De jour : 3 boules superposées (R30 d). Combinaison, jamais substitution.
- Exemption < 7 m au mouillage : dispense totale sauf chenal étroit, voie d'accès ou ancrage fréquenté (R30 e). Exemption < 12 m échoué : pas de 2 rouges ni de 3 boules, mais les feux de mouillage restent (R30 f).
Feux de mouillage et d'échouage — R30 RIPAM
Un navire immobile n'est pas invisible. Trois configurations à reconnaître : mouillage court, mouillage long, échoué.
1 feu blanc tout-horizon à l'avant · marque de jour : 1 boule
2 feux blancs : avant (haut) + arrière (bas) · marque de jour : 1 boule
Feux de mouillage + 2 feux rouges tout-horizon superposés · marque de jour : 3 boules
Marques de jour — rappel
1 boule = mouillage (avant)
3 boules superposées = échoué
Mnémo
Blanc isolé à l'avant → mouillage court · Deux blancs avant-haut / arrière-bas → mouillage long · Mouillage + 2 rouges = échoué, danger à éviter · 1 boule / 3 boules = même logique de jour.
R30 RIPAM : portée feu de mouillage — 3 milles (≥ 50 m), 2 milles (12–50 m), 2 milles (< 12 m). L'éclairage des ponts est obligatoire pour les navires de 100 m et plus.
Règle d'or
Un seul feu blanc la nuit sans feux de route = navire au mouillage. Deux rouges superposés en plus = il est échoué. Ne pas confondre les deux.
Le mouillage : blanc à l’avant, blanc à l’arrière plus bas
La règle 30 a) est la configuration de base. Un navire au mouillage montre deux feux blancs visibles sur tout l’horizon :
À l’avant, un feu blanc visible sur tout l’horizon ou une boule ; à l’arrière ou près de l’arrière, plus bas que le feu prescrit à l’alinéa (i), un feu blanc visible sur tout l’horizon.
Deux détails que l’examen adore piéger :
L’avant et l’arrière ne sont pas interchangeables. Le feu avant est en haut, le feu arrière est plus bas. C’est l’inverse de l’intuition — on pourrait croire que l’avant est “plus visible” donc plus bas. Non : l’avant est plus haut. C’est ce décalage de hauteur qui permet de repérer l’orientation du navire mouillé depuis d’autres bateaux.
De jour, une seule boule à l’avant. R30 a)(i) dit “un feu blanc visible sur tout l’horizon ou une boule”. Une boule, au singulier, à l’avant. Pas deux. Pas à l’arrière. Une boule noire sphérique à l’avant du mât.
Définition
Feu tout-horizon
Feu visible sur un secteur de 360°, défini par la règle 21 e) du RIPAM. Tous les feux de mouillage et d’échouage R30 sont des feux tout-horizon — aucun n’a de secteur angulaire limité comme les feux de route.
La dispense pour les navires courts — R30 b)
Un navire au mouillage de moins de 50 m n’est pas obligé d’afficher deux feux. Il peut se contenter d’un seul feu blanc tout-horizon à l’endroit le plus visible :
Un navire au mouillage de longueur inférieure à 50 mètres peut montrer, à l’endroit le plus visible, un feu blanc visible sur tout l’horizon, au lieu des feux prescrits au paragraphe a).
“Peut montrer” — c’est une option. Un navire de 40 m qui préfère maintenir les deux feux R30 a) en est libre. Mais pour la quasi-totalité des voiliers et vedettes de plaisance, un seul feu blanc suffit. C’est le feu de mouillage que tu vois dans les rades et les criques.
≥ 100 m : les ponts doivent être éclairés
La règle 30 c) impose l’éclairage des ponts aux navires de longueur égale ou supérieure à 100 mètres au mouillage. En dessous de 100 m, c’est autorisé mais facultatif. Question d’examen directe : “à partir de quelle longueur l’éclairage des ponts est-il obligatoire ?” — la réponse est 100 m, pas 50 m.
L’échouage : les feux de mouillage plus deux rouges
C’est le cumul qui définit l’échouage. Un navire échoué ne remplace pas ses feux de mouillage par deux rouges — il les garde et y ajoute les deux rouges :
Un navire échoué doit montrer les feux prescrits aux paragraphes a) ou b) et, de plus, à l’endroit le plus visible : (i) deux feux rouges superposés visibles sur tout l’horizon ; (ii) trois boules superposées.
De nuit : feux de mouillage (blancs) + 2 feux rouges superposés tout-horizon.
De jour : boule de mouillage à l’avant + 3 boules superposées à l’endroit le plus visible.
La logique du texte est “les feux de a) ou b), et de plus”. C’est additif. Un navire échoué n’est pas un simple navire mouillé — c’est un navire mouillé qui signale en plus qu’il est en danger sur le fond.
Deux rouges superposés seuls = NMS (navire non maître de sa manœuvre, R27). Deux rouges superposés avec des feux de mouillage blancs = navire échoué (R30). La différence tient aux blancs qui accompagnent les rouges.
Exemple
Lecture de nuit dans une baie peu profonde — cas CMP
Tu entres dans une baie de nuit. Tu repères un feu blanc bas — probablement un navire au mouillage. En t’approchant, tu distingues deux feux rouges superposés en plus des blancs. Ce n’est pas un NMS en route : c’est un échoué, immobile sur le fond. La combinaison blanc + rouges superposés = R30 d). Tu vires et tu passes large.
Les marques de jour : le tableau complet
De jour, les feux disparaissent et les marques noires prennent le relais. R30 est une excellente fiche pour réviser les marques car elle cumule deux situations distinctes avec des configurations très différentes.
| Situation | Marque de jour | Règle |
|---|---|---|
| Mouillage (toute longueur) | 1 boule noire à l’avant | R30 a)(i) |
| Échoué (en plus de la boule de mouillage) | 3 boules noires superposées | R30 d)(ii) |
Le piège des marques de jour — 1 boule ≠ 3 boules
Mouillage = 1 boule. Échouage = 3 boules superposées (en plus de la boule de mouillage). Une seule boule de mouillage est la marque la plus courante dans les rades — ne la confonds pas avec un échoué. Et n’oublie pas les autres marques : le cylindre pour l’ATD (R28), le cône pointe en bas pour le voilier au moteur (R25), la boule-bicône-boule pour un CMR (R27). Chaque configuration est unique.
Voir aussi
Comprends la R27 du RIPAM : 2 feux rouges pour le NMS, rouge-blanc-rouge pour le CMR, cas du dragage, de la plongée et du déminage. Identifier ces navires de nuit pour le C200.
R27 b)(iv) et R27 d)(iii) renvoient à R30 pour un CMR au mouillage
Les exemptions : qui est dispensé, sous quelles conditions
R30 prévoit deux exemptions explicites. Elles ont des seuils différents et s’appliquent à des situations différentes.
Exemption mouillage — navires de moins de 7 mètres (R30 e)
Les navires de longueur inférieure à sept mètres lorsqu’ils sont au mouillage, ne sont pas tenus de montrer les feux ou la marque prescrits par le présent article, sauf s’ils sont au mouillage dans un chenal étroit, une voie d’accès ou un ancrage, à proximité de ces lieux, ou sur les routes habituellement fréquentées.
Seuil : moins de 7 mètres. La dispense est totale dans les zones non fréquentées — ni feu, ni boule. Mais dès que le mouillage est dans un chenal, une voie d’accès, un ancrage ou à proximité d’une route fréquentée, la dispense tombe et le feu blanc redevient obligatoire.
Exemption échouage — navires de moins de 12 mètres (R30 f)
Les navires de longueur inférieure à 12 mètres, lorsqu’ils sont échoués, ne sont pas tenus de montrer les feux ou marques prescrits aux sous-alinéas d)(i) et (ii).
Seuil : moins de 12 mètres. La dispense porte uniquement sur les 2 rouges superposés et les 3 boules de R30 d)(i) et d)(ii). Les feux de mouillage R30 a) ou b) restent obligatoires — même pour un navire échoué de moins de 12 m. Un dériveur de 9 m échoué n’allumera pas ses 2 rouges (dispensé), mais gardera son feu blanc tout-horizon (pas dispensé).
7 m pour le mouillage, 12 m pour l'échouage — ne pas inverser
Les deux seuils d’exemption sont différents : 7 m pour le mouillage (R30 e), 12 m pour l’échouage (R30 f). L’erreur classique est de penser qu’un seul seuil couvre les deux situations. L’examinateur peut poser les deux en séquence pour tester exactement ce point.
Échoué < 12 m : dispensé des rouges, pas du blanc
La dispense de R30 f) ne couvre que les sous-alinéas d)(i) et d)(ii) — les 2 rouges et les 3 boules. Elle ne touche pas les feux de mouillage de R30 a) ou b). Un voilier de 10 m qui talonne : pas de 2 rouges, mais le feu blanc de mouillage reste obligatoire. Le blanc signale qu’il y a un obstacle là — c’est précisément ce qui importe pour les navires qui passent.
Voir aussi
Comprends la R23 du RIPAM : feu de mât, feux de côté, feu de poupe et portées selon la longueur. Identifier un R23 de nuit pour le CMP.
Un R23 au mouillage passe en R30 : il éteint ses feux de route et allume son blanc tout-horizon
Pièges à l’examen et mise en situation
L'échoué garde ses feux de mouillage — ne montrer que les 2 rouges est faux
Un candidat qui répond “un navire échoué montre deux feux rouges superposés” n’est pas faux, mais incomplet — et à l’oral, incomplet peut coûter des points. La réponse complète : les feux de mouillage prescrits par R30 a) ou b) ET deux feux rouges superposés. C’est la combinaison qui identifie l’échouage.
La séquence d’identification pratique pour un navire aperçu la nuit :
Repérer les blancs tout-horizon
Un ou deux feux blancs sans feux de route (pas de vert/rouge de côté, pas de poupe) = navire arrêté. C’est R30.
Chercher les rouges superposés
Des feux rouges s’ajoutent aux blancs ? Le navire est échoué — R30 d). Blancs seuls = mouillage simple, R30 a) ou b).
Évaluer la longueur estimée
Deux blancs distincts avant/arrière : ≥ 50 m (R30 a). Un seul blanc à l’endroit le plus visible : < 50 m (R30 b) ou < 7 m dispensé.
Décider de la manœuvre
Dans les deux cas, le navire est immobile. Passe à distance suffisante, vérifie la carte pour les hauts-fonds aux alentours si l’échouage est confirmé.