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Table à cartes traditionnelle avec compas, règle parallèle, carte SHOM ouverte, ambiance navigation côtière
hub Brevet : CMP Niveau 1/3 4 min de lecture

Cartographie marine : SHOM, marées et navigation côtière

Le pillar Cartographie pour le CMP : lecture des cartes SHOM, calcul de marée, instruments de navigation. Point d'entrée vers les fiches détaillées.

Publié le 16 mai 2026 · Mis à jour le 16 mai 2026 · cartographie · marée · SHOM · navigation côtière · CMP

Ce qu’est la cartographie marine

La cartographie marine française repose sur le SHOM — Service Hydrographique et Océanographique de la Marine — créé en 1720 sous le nom de Dépôt des cartes et plans de la Marine. Beautemps-Beaupré, souvent appelé le père de l’hydrographie moderne, a posé les bases des techniques de sondage et de levé qui structurent encore les cartes actuelles.

Une carte marine SHOM, c’est bien plus qu’un dessin du littoral. Elle contient les sondes (profondeurs référencées au zéro des cartes), les balisages (bouées, phares, amers), les dangers (rochers, épaves, bancs de sable), les chenaux, les zones réglementées et les informations de marée. Les échelles varient selon l’usage : cartes de grands fonds pour les traversées, cartes côtières pour la navigation en vue des côtes, cartes d’atterrissage pour l’approche des ports.

Pour le CMP, la cartographie couvre la lecture de la carte papier SHOM, le tracé de routes et positions, la compréhension du zéro des cartes, et le calcul de marée. La carte ENC (Electronic Navigational Chart) numérique est mentionnée mais pas examinée en détail à ce niveau.

Les outils essentiels du navigateur côtier

La base inchangée depuis des décennies : une carte SHOM à jour à la bonne échelle pour ta zone (consulte la notice de mise à jour permanente SHOM), un compas de relèvement pour prendre des angles sur les amers, une règle parallèle ou un Cras pour tracer les routes sur la carte, un crayon HB et une gomme (tout se trace et s’efface sur une carte papier).

Les instruments modernes complètent sans remplacer : un sondeur pour surveiller la profondeur en temps réel, un GPS pour la position, un AIS pour voir les navires autour. Les logiciels comme OpenCPN permettent de naviguer sur carte ENC depuis un PC ou une tablette — c’est ce que font la plupart des plaisanciers aujourd’hui.

Pour les marées : les données SHOM, via l’annuaire papier, le service officiel ou un service qui réutilise ces données sous licence. C’est la référence à consulter pour les horaires et les hauteurs des ports français. Sans donnée fiable, le calcul de marée n’a pas de point de départ.

Le calcul de marée — pourquoi c’est central

La hauteur d’eau change tout : qu’un chenal est franchissable ou non, qu’une passe est sûre ou non, qu’un mouillage reste accessible à marée basse ou qu’il te laisse sur le sable. Ce n’est pas un calcul académique — c’est une question de sécurité directe.

En navigation côtière, la méthode de base est la règle des douzièmes : elle divise le demi-cycle de marée en 6 heures-marée avec les fractions 1/12, 2/12, 3/12, 3/12, 2/12, 1/12 du marnage. Elle donne une estimation rapide pour beaucoup de situations courantes. Pour les ports à courbe irrégulière (Saint-Malo, Le Havre) ou pour les passages critiques avec peu de marge, les tables et courbes officielles restent indispensables.

La fiche détaillée couvre l’algorithme complet, deux cas pratiques chiffrés (haut-fond avec voilier, entrée à Saint-Malo en vives-eaux) et les pièges récurrents à l’examen :

Calcul de marée — méthode des douzièmes

Roadmap d’apprentissage CMP

Voici l’ordre dans lequel aborder la cartographie si tu prépares le CMP. Pas l’ordre alphabétique — l’ordre logique.

Étape 1 — Lire une carte SHOM. Identifier les sondes, le zéro des cartes, les dangers, les échelles, les amers et les symboles essentiels. Tracer une route, relever une position. C’est le socle sur lequel tout le reste s’appuie.

Lire une carte SHOM — sondes, balisage IALA A, échelles

Étape 2 — Reconnaître le balisage IALA A. Lire les latérales rouge/verte en fonction du sens conventionnel, identifier les cardinales, distinguer danger isolé, eaux saines et marques spéciales, puis traduire chaque marque en action de navigation.

Balisage IALA A — reconnaître les marques en mer

Étape 3 — Calculer une hauteur de marée. Maîtriser la règle des douzièmes avec l’annuaire SHOM : récupérer PM et BM, calculer le marnage, identifier l’heure-marée, appliquer la fraction cumulée. Savoir distinguer flot et jusant. Gérer la conversion UTC. C’est la compétence cartographique la plus testée à l’oral du CMP.

Calcul de marée — méthode des douzièmes

Étape 4 — Calculer son estime. Combiner cap, vitesse et durée pour estimer la distance parcourue, puis tenir compte de la dérive du courant et du vent pour obtenir la route fond réelle. Méthode du vecteur graphique sur la carte. Recalage régulier par relèvement ou point GPS.

Calcul d’estime — cap, vitesse, route fond, dérive

Étape 5 — Maîtriser les instruments. Utiliser le compas de relèvement, la règle parallèle, le Cras. Comprendre ce que lit le sondeur et ce que ça implique pour la marge sous la quille. Savoir consulter le GPS et croiser avec la carte. Spoke en préparation pour un prochain sprint.

Étape 6 — Lire la météo marine. Commencer par le bulletin officiel, comprendre le seuil BMS, traduire Beaufort et l’état de mer en décision, puis utiliser les GRIB et applications modernes comme aide de recoupement, pas comme oracle.

Bulletin météo marine — le lire avant de sortir

Beaufort et état de mer — lire le vent et les vagues

GRIB et applications météo — lire sans se faire piéger

Sources

Questions fréquentes

Quels sont les outils essentiels pour la cartographie en CMP ?

Carte marine SHOM à la bonne échelle, annuaire des marées SHOM, compas de relèvement, règle parallèle ou Cras, crayon HB et gomme, sondeur. Pour la version moderne : carte ENC (Electronic Navigational Chart) et logiciel ECDIS ou OpenCPN. Le tout doit te permettre de te positionner, faire route, calculer ton arrivée et éviter les dangers — qu'il y ait du courant, du brouillard, ou simplement la nuit.

Quelle différence entre carte papier et carte ENC ?

La carte papier reste un support de référence très utile : lisible sans électricité, indépendante de toute batterie, excellente pour apprendre le raisonnement. L'ENC est plus précise dans un système à jour, peut intégrer des couches utiles, mais dépend du matériel et du paramétrage. Pour le CMP, savoir lire un parallèle de latitude et tracer un cap au compas reste central. L'ECDIS est un complément professionnel, pas le point de départ pédagogique à ce niveau.

Faut-il connaître toutes les méthodes de marée pour le CMP ?

Non. Pour le CMP, maîtrise la règle des douzièmes comme approximation de base et la lecture des données SHOM. Les méthodes harmoniques complètes et les courbes précises sont approfondies plus tard. L'essentiel à ton niveau : obtenir une hauteur d'eau cohérente, comprendre quand cette approximation est insuffisante (passes critiques, ports à courbe irrégulière), et revenir à la donnée officielle.