À retenir
La cartographie marine, c'est le socle de tout. Sans lire une carte SHOM, sans calculer la hauteur d'eau à une heure donnée, sans comprendre la météo de la sortie, tu navigues à l'aveugle. Ce hub est le point d'entrée de l'univers Cartographie : ce qu'il faut savoir, dans quel ordre l'apprendre, et les fiches détaillées pour chaque sujet.
- Le SHOM est la source officielle pour les cartes marines et les marées en France — annuaire, tables horaires, zéro des cartes, tout part de là.
- Calculer une hauteur d'eau avec la règle des douzièmes est la compétence cartographique centrale du CMP — elle conditionne directement la sécurité sous quille.
- Carte papier, ENC, compas, sondeur et bulletin météo : les outils du navigateur côtier à maîtriser avant l'oral.
Ce qu’est la cartographie marine
La cartographie marine française repose sur le SHOM — Service Hydrographique et Océanographique de la Marine — créé en 1720 sous le nom de Dépôt des cartes et plans de la Marine. Beautemps-Beaupré, souvent appelé le père de l’hydrographie moderne, a posé les bases des techniques de sondage et de levé qui structurent encore les cartes actuelles.
Une carte marine SHOM, c’est bien plus qu’un dessin du littoral. Elle contient les sondes (profondeurs référencées au zéro des cartes), les balisages (bouées, phares, amers), les dangers (rochers, épaves, bancs de sable), les chenaux, les zones réglementées et les informations de marée. Les échelles varient selon l’usage : cartes de grands fonds pour les traversées, cartes côtières pour la navigation en vue des côtes, cartes d’atterrissage pour l’approche des ports.
Pour le CMP, la cartographie couvre la lecture de la carte papier SHOM, le tracé de routes et positions, la compréhension du zéro des cartes, et le calcul de marée. La carte ENC (Electronic Navigational Chart) numérique est mentionnée mais pas examinée en détail à ce niveau.
Les outils essentiels du navigateur côtier
La base inchangée depuis des décennies : une carte SHOM à jour à la bonne échelle pour ta zone (consulte la notice de mise à jour permanente SHOM), un compas de relèvement pour prendre des angles sur les amers, une règle parallèle ou un Cras pour tracer les routes sur la carte, un crayon HB et une gomme (tout se trace et s’efface sur une carte papier).
Les instruments modernes complètent sans remplacer : un sondeur pour surveiller la profondeur en temps réel, un GPS pour la position, un AIS pour voir les navires autour. Les logiciels comme OpenCPN permettent de naviguer sur carte ENC depuis un PC ou une tablette — c’est ce que font la plupart des plaisanciers aujourd’hui.
Pour les marées : les données SHOM, via l’annuaire papier, le service officiel ou un service qui réutilise ces données sous licence. C’est la référence à consulter pour les horaires et les hauteurs des ports français. Sans donnée fiable, le calcul de marée n’a pas de point de départ.
Le calcul de marée — pourquoi c’est central
La hauteur d’eau change tout : qu’un chenal est franchissable ou non, qu’une passe est sûre ou non, qu’un mouillage reste accessible à marée basse ou qu’il te laisse sur le sable. Ce n’est pas un calcul académique — c’est une question de sécurité directe.
En navigation côtière, la méthode de base est la règle des douzièmes : elle divise le demi-cycle de marée en 6 heures-marée avec les fractions 1/12, 2/12, 3/12, 3/12, 2/12, 1/12 du marnage. Elle donne une estimation rapide pour beaucoup de situations courantes. Pour les ports à courbe irrégulière (Saint-Malo, Le Havre) ou pour les passages critiques avec peu de marge, les tables et courbes officielles restent indispensables.
La fiche détaillée couvre l’algorithme complet, deux cas pratiques chiffrés (haut-fond avec voilier, entrée à Saint-Malo en vives-eaux) et les pièges récurrents à l’examen :
Calcul de marée — méthode des douzièmes
Roadmap d’apprentissage CMP
Voici l’ordre dans lequel aborder la cartographie si tu prépares le CMP. Pas l’ordre alphabétique — l’ordre logique.
Étape 1 — Lire une carte SHOM. Identifier les sondes, le zéro des cartes, les dangers, les échelles, les amers et les symboles essentiels. Tracer une route, relever une position. C’est le socle sur lequel tout le reste s’appuie.
Lire une carte SHOM — sondes, balisage IALA A, échelles
Étape 2 — Reconnaître le balisage IALA A. Lire les latérales rouge/verte en fonction du sens conventionnel, identifier les cardinales, distinguer danger isolé, eaux saines et marques spéciales, puis traduire chaque marque en action de navigation.
Balisage IALA A — reconnaître les marques en mer
Étape 3 — Calculer une hauteur de marée. Maîtriser la règle des douzièmes avec l’annuaire SHOM : récupérer PM et BM, calculer le marnage, identifier l’heure-marée, appliquer la fraction cumulée. Savoir distinguer flot et jusant. Gérer la conversion UTC. C’est la compétence cartographique la plus testée à l’oral du CMP.
Calcul de marée — méthode des douzièmes
Étape 4 — Calculer son estime. Combiner cap, vitesse et durée pour estimer la distance parcourue, puis tenir compte de la dérive du courant et du vent pour obtenir la route fond réelle. Méthode du vecteur graphique sur la carte. Recalage régulier par relèvement ou point GPS.
Calcul d’estime — cap, vitesse, route fond, dérive
Étape 5 — Maîtriser les instruments. Utiliser le compas de relèvement, la règle parallèle, le Cras. Comprendre ce que lit le sondeur et ce que ça implique pour la marge sous la quille. Savoir consulter le GPS et croiser avec la carte. Spoke en préparation pour un prochain sprint.
Étape 6 — Lire la météo marine. Commencer par le bulletin officiel, comprendre le seuil BMS, traduire Beaufort et l’état de mer en décision, puis utiliser les GRIB et applications modernes comme aide de recoupement, pas comme oracle.
Bulletin météo marine — le lire avant de sortir