À retenir
L'essentiel
R27 définit les feux des navires qui ne peuvent pas manœuvrer normalement : deux catégories, des signaux distincts, et une distinction d'examen qui revient à chaque session C200. NMS = deux rouges superposés, jamais de mât. CMR = rouge-blanc-rouge, avec mât si en route.
- NMS (R27a) : 2 feux rouges superposés tout-horizon la nuit, 2 boules de jour. Avec erre : ajoute feux de côté + feu de poupe — mais jamais de feu de mât. Cause typique : panne moteur, avarie de barre.
- CMR (R27b) : rouge-blanc-rouge superposés tout-horizon la nuit, boule-bicône-boule de jour. Avec erre : ajoute feu(x) de tête de mât + côté + poupe. Cause typique : dragage, pose de câble, ravitaillement en mer.
- Distinction-clé examen : NMS = 2 rouges, pas de mât. CMR = rouge-blanc-rouge, avec mât si erre. C'est la confusion la plus fréquente au C200.
- Cas particulier dragage (R27d) : côté obstruction 2 rouges/2 boules, côté libre 2 verts/2 bicônes. Déminage (R27f) : 3 feux verts/3 boules, danger < 1 000 m.
- Exemption (R27g) : navires < 12 m dispensés, sauf plongée. Signaux R27 ≠ signaux de détresse (R27h).
R27 — NMS vs CMR : ne pas confondre les configs rouges
Deux silhouettes toutes rouges de nuit, deux statuts très différents. Le nombre de feux et leur ordre font toute la différence.
2 rouges = NMS — ne manœuvre pas
Rouge–blanc–rouge = CMR — manœuvre réduite
Tous deux : dégager leur route. Ne pas couper devant.
Pas de feu de mât blanc, même avec de l'erre.
3 feux (le blanc central distingue du NMS). Avec erre : feu de mât présent.
Passer du côté vert. Ne jamais couper côté rouge.
| Config | Feux nuit (tout-horizon) | Marques de jour | Feu de mât (avec erre) |
|---|---|---|---|
| NMS — R27 a) | 2 rouges superposés | 2 boules noires | JAMAIS |
| CMR — R27 b) | Rouge–blanc–rouge | Boule–bicône–boule | Oui (autorisé) |
| CMR Dragueur — R27 d) | CMR + 2 rouges (obstrué) / 2 verts (libre) | CMR + 2 boules (obst.) / 2 bicônes (libre) | Oui (autorisé) |
R27 RIPAM : NMS et CMR ont priorité sur tous les autres navires sauf ceux en train de mouiller ou échoués. La différence rouge-blanc-rouge vs deux rouges est critique pour la règle de barre — dans les deux cas, dégager leur route.
Règle d'or
Deux rouges sans mât = NMS. Rouge-blanc-rouge avec mât si en route = CMR. Si tu retiens ça, tu as la moitié de la R27.
Le NMS : quand un navire subit une avarie
Le NMS — navire qui n’est pas maître de sa manœuvre — est un navire qui ne peut pas manœuvrer conformément aux règles du RIPAM en raison d’une circonstance exceptionnelle. Panne moteur totale, avarie de barre, dommage au safran : le navire ne contrôle plus sa route.
Ce qu’il montre la nuit (R27a) :
À l’endroit le plus visible, deux feux rouges superposés visibles sur tout l’horizon. C’est le seul signal de nuit d’un NMS au mouillage ou dérivant sans erre.
Quand il a de l’erre — une vitesse résiduelle due à son inertie — la règle 27a)(iii) précise qu’il ajoute des feux de côté et un feu de poupe. Ces feux permettent aux autres navires d’estimer son cap et sa vitesse de dérive. Mais le feu de tête de mât n’apparaît pas dans ce paragraphe. Il n’est pas prescrit. Ce n’est pas un oubli : c’est cohérent avec la logique du signal.
De jour (R27a) :
Deux boules superposées à l’endroit le plus visible. Pas de forme complexe, pas de bicône — deux boules, point.
Le NMS ne montre jamais de feu de mât
Même si un NMS dérive à 3 nœuds avec de l’erre, il n’allume pas son feu de tête de mât. Le feu de mât blanc 225° signale une propulsion active et maîtrisée. Un navire en panne ne propulse pas — il subit. La règle 27a)(iii) liste exactement ce qu’il ajoute avec l’erre : feux de côté et feu de poupe. Le feu de mât n’y est pas. Retenir ça, c’est éviter l’erreur que font 40 % des candidats sur ce type de question.
Pourquoi ce signal ?
La logique du signal NMS est celle de l’urgence passive. Le navire ne peut pas s’écarter de la route des autres — c’est aux autres de l’éviter. Les deux rouges tout-horizon envoient un message simple : “Je suis là, je ne peux pas bouger, tu dois m’éviter.” Ils ne disent pas “je suis en détresse et demande secours” — ça, c’est la règle 37.
Définition
Navire qui n'est pas maître de sa manœuvre (NMS)
Au sens du RIPAM, un NMS est un navire qui, en raison d’une circonstance exceptionnelle, est incapable de manœuvrer conformément aux règles et donc de s’écarter de la route d’un autre navire. La circonstance doit être exceptionnelle — une panne moteur passagère sur un navire autrement fonctionnel entre dans cette catégorie. Ce statut est temporaire et factuel, pas une catégorie permanente du navire.
Le CMR : quand un navire choisit une activité qui limite sa manœuvre
Le CMR — navire dont la capacité de manœuvre est restreinte — est dans une situation différente du NMS. Ce n’est pas une avarie : c’est un navire qui effectue délibérément une opération qui l’empêche de manœuvrer librement. Il est en propulsion active, mais cette propulsion est contrainte par sa mission.
Exemples typiques : dragage, pose de câble sous-marin, ravitaillement en mer, balisage, opérations de remorquage difficile, travaux sous-marins.
Ce qu’il montre la nuit (R27b) :
À l’endroit le plus visible, trois feux superposés visibles sur tout l’horizon : le feu supérieur et le feu inférieur sont rouges, le feu du milieu est blanc. Rouge-blanc-rouge de haut en bas — à ne pas confondre avec rouge-blanc-rouge de la signalisation routière.
Quand il a de l’erre, la règle 27b)(iii) ajoute un feu ou des feux de tête de mât, des feux de côté et un feu de poupe. Contrairement au NMS, le feu de mât est bien présent — parce que le CMR propulse activement.
Quand il est au mouillage, la règle 27b)(iv) impose d’ajouter les feux ou marques prescrits par la règle 30 (feux de mouillage).
De jour (R27b) :
Trois marques superposées : la marque supérieure et la marque inférieure sont des boules, celle du milieu est un bicône. Boule-bicône-boule — l’inverse de la boule seule du NMS, et bien différent des deux boules NMS.
« Trois feux superposés visibles sur tout l’horizon, les feux supérieur et inférieur étant rouges et le feu du milieu blanc. »
La distinction-clé entre NMS et CMR
C’est la question que l’examinateur pose sous des formes variées depuis des années. Voici la grille binaire qui ne laisse pas de place à l’hésitation :
| NMS (R27a) | CMR (R27b) | |
|---|---|---|
| Nuit — signal principal | 2 feux rouges | Rouge-blanc-rouge |
| Jour — signal principal | 2 boules | Boule-bicône-boule |
| Avec erre — feu de mât ? | Non | Oui |
| Avec erre — feux de côté + poupe ? | Oui | Oui |
| Au mouillage — feux R30 ? | Non (non prescrit) | Oui (R27b.iv) |
| Cause typique | Panne, avarie | Dragage, câble, ravi |
Le mnémo qui tient à l'oral
NMS = 2 rouges, jamais de mât. CMR = 3 feux (rouge-blanc-rouge), mât si en route. Colle à ça et tu ne confondras plus les deux au C200. Si tu hésites sur un schéma d’examen : compte les feux rouges verticaux. Deux = NMS. Deux rouges encadrant un blanc = CMR.
Cas particuliers CMR : dragage, plongée, déminage
La règle 27 décline le régime CMR pour plusieurs opérations spécifiques. Chacune ajoute des signaux supplémentaires au socle rouge-blanc-rouge.
Dragage et opérations sous-marines — R27d
Un CMR en dragage ou effectuant des opérations sous-marines montre d’abord les feux R27b de base. S’il y a une obstruction d’un côté, il ajoute deux signaux directionnels :
Du côté où se trouve l’obstruction : deux feux rouges visibles sur tout l’horizon superposés (de nuit) ou deux boules superposées (de jour). La règle 27d)(i) est explicite sur ce point.
Du côté où un autre navire peut passer librement : deux feux verts visibles sur tout l’horizon superposés (de nuit) ou deux bicônes superposés (de jour). La règle 27d)(ii) couvre ce second signal.
Exemple
Lire un dragueur de nuit — mise en situation C200
Tu aperçois de nuit un navire qui montre : rouge-blanc-rouge sur l’axe central, deux feux rouges supplémentaires sur son bâbord, deux feux verts sur son tribord. Lecture : CMR en dragage, obstruction bâbord, passage tribord. Tu passes tribord — côté des verts. Jamais côté des rouges. Le message est conçu pour être décodé en quelques secondes.
Opérations de plongée sur un petit navire — R27e
Un navire trop petit pour montrer les feux R27b montre trois feux rouge-blanc-rouge superposés. Il affiche également une reproduction rigide d’au moins un mètre de hauteur du pavillon “A” du Code international de signaux. Ce pavillon rigide — et non le pavillon souple — est la règle.
Pavillon A : rigide et d'au moins 1 mètre
La règle 27e) impose explicitement une reproduction rigide d’au moins 1 mètre de hauteur. Le pavillon souple hissé à la drisse ne suffit pas ici. À l’examen, si la question porte sur le signal de plongée R27e), le mot “rigide” et la taille minimale de 1 mètre font partie de la réponse complète.
Déminage — R27f
Un navire effectuant des opérations de déminage montre, en plus des feux réglementaires de sa catégorie, trois feux verts visibles sur tout l’horizon (de nuit) ou trois boules (de jour). Leur position est précise : un feu ou une boule près de la tête du mât de misaine, un à chaque extrémité de la vergue de misaine. Ces signaux avertissent d’un danger d’approche à moins de 1 000 mètres.
1 000 mètres : la distance de sécurité déminage
La règle 27f) fixe la limite à 1 000 mètres. C’est un chiffre rond qui revient souvent à l’examen. Un navire de plaisance qui voit trois feux verts ou trois boules triangulées autour d’un mât de misaine doit rester à au moins 1 000 mètres — soit à peu près 0,54 mille marin. En pratique, donne-toi une marge.
Pièges d’examen : les quatre confusions classiques R27
La règle 27 est dense. Les examinateurs C200 connaissent ses angles morts et les exploitent systématiquement. Voici les quatre pièges qui reviennent le plus souvent.
Confondre NMS (2 rouges) et ATD (3 rouges)
Un NMS montre deux feux rouges superposés (R27a). Un navire à tirant d’eau exceptionnel (ATD, R28) montre trois feux rouges superposés visibles sur tout l’horizon. La différence est un seul feu rouge. À l’examen, si tu lis “trois feux rouges verticaux”, c’est R28 — pas R27. Si tu lis “deux feux rouges verticaux”, c’est R27a NMS.
2 rouges ≠ 3 rouges
Deux feux rouges superposés = NMS (R27a). Trois feux rouges superposés = ATD (R28). L’examinateur peut présenter un schéma avec un feu de plus ou de moins et attendre que tu comptes. Compte toujours les feux rouges verticaux avant de répondre. Un seul feu d’écart, deux règles complètement différentes.
Confondre NMS et CMR à cause de la couleur
Le NMS montre deux rouges — deux feux de même couleur. Le CMR montre rouge-blanc-rouge — une alternance chromatique. À l’examen, des schémas peu lisibles peuvent induire en erreur. Réflexe : le blanc du milieu est le signe distinctif du CMR. Absence de blanc = NMS.
Le blanc du milieu = CMR, pas NMS
Si tu vois un blanc entre deux rouges, c’est toujours CMR (R27b). Si tu ne vois que des rouges empilés, c’est NMS (R27a) ou ATD (R28, trois rouges). Un navire NMS ne montre jamais de feu blanc tout-horizon dans ses signaux de statut — son blanc (de côté ou de poupe) n’apparaît qu’avec l’erre et ne fait pas partie du signal statutaire.
Croire qu’un NMS avec de l’erre montre un feu de mât
C’est l’erreur la plus fréquente sur cette règle. Un candidat raisonne ainsi : “le navire est en route, donc il doit avoir son feu de mât.” Faux. La règle 27a)(iii) liste précisément ce qu’un NMS avec erre ajoute : feux de côté et feu de poupe. Pas de feu de mât. Le feu de mât signale une propulsion active maîtrisée — le NMS ne propulse pas, il dérive.
Oublier le signal côté libre vert du dragueur
Un candidat retient le côté rouge (obstruction) mais oublie le côté vert (passage libre). À l’examen, la question porte souvent sur ce que tu fais face à un dragueur avec obstruction à bâbord : tu passes tribord — côté des deux feux verts (R27d.(ii)). Oublier les verts, c’est oublier la moitié de l’information que le RIPAM te donne pour décider.
Voir aussi
La règle 28 du RIPAM : 3 feux rouges superposés et cylindre de jour pour l'ATD. Comprends le caractère facultatif, la distinction avec R27, et les pièges d'examen C200.
R28 — l'ATD montre 3 feux rouges (vs 2 pour le NMS) et conserve ses feux R23.
Voir aussi
Comprends la R23 du RIPAM : feu de mât, feux de côté, feu de poupe et portées selon la longueur. Identifier un R23 de nuit pour le CMP.
R23 — base des feux de propulsion mécanique : le feu de mât que le NMS n'allume jamais.
Les feux R27 ne sont pas des signaux de détresse. Un navire NMS ou CMR ne demande pas secours — il t’informe de son statut pour que tu l’évites.
Exemption < 12 m et rappel sur les signaux de détresse
Exemption pour les petits navires — R27g
La règle 27g) dispense les navires de longueur inférieure à 12 mètres de montrer les feux et marques prescrits par la règle 27 — à une exception près : les navires participant à des opérations de plongée doivent toujours afficher leurs signaux, quelle que soit leur longueur. L’exemption de taille ne joue pas pour la plongée.
En pratique : une annexe de 6 mètres en panne moteur n’est pas obligée de sortir deux feux rouges. En revanche, si cette même annexe sert de navire support à une plongée, les signaux R27e) s’appliquent.
Signaux R27 ≠ signaux de détresse — R27h
La règle 27h) le dit sans ambiguïté : “Les signaux prescrits par la présente règle ne sont pas des signaux de navires en détresse et demandant assistance.” Un navire qui montre deux feux rouges NMS ou rouge-blanc-rouge CMR est dans une situation opérationnelle particulière. Il n’appelle pas au secours. Les signaux de détresse sont définis à l’annexe IV du RIPAM — fusées, fumigènes, SOS, Mayday — et relèvent de la règle 37.
R27 ≠ détresse : ne confonds pas les obligations
Voir deux feux rouges NMS ne t’oblige pas à porter secours au titre de R33. Ça t’oblige à l’éviter. La nuance est opérationnelle et juridique. Si le navire est en réalité en danger, c’est lui qui doit émettre un signal de détresse explicite en supplément.