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Voilier de croisière de nuit, feux de navigation rouge bâbord et vert tribord visibles, mer calme et étoilée
concept Brevet : CMP Niveau 1/3 7 min de lecture

RIPAM règle 25 : feux des voiliers et embarcations à l'aviron

R25 du RIPAM : feux d'un voilier en route, tricolore tête de mât pour < 20 m, voilier au moteur devient R23. Préparé pour le CMP.

Publié le 16 mai 2026 · Mis à jour le 19 mai 2026 · RIPAM · Feux · Voiliers · Tricolore · CMP

La logique de R25 en une phrase

R25 régit les feux des voiliers sous voile pure et des embarcations à l’aviron. Sa logique tient dans une idée : un voilier qui n’utilise pas son moteur ne montre pas de feu de mât blanc. C’est cette absence qui constitue sa signature visuelle de nuit et le distingue immédiatement d’un navire à propulsion mécanique. Le jour où tu intègres ça, R25 devient limpide — et tu ne confondras plus jamais un voilier et un bateau à moteur dans l’obscurité.

Feux d’un voilier en route — le cas de base R25(a)

Un voilier sous voiles seules, quelle que soit sa longueur, montre trois feux en route de nuit. Ce sont les feux définis par la règle 21 du RIPAM :

FeuCouleurSecteur angulairePosition
Feu de côté bâbordRouge112,5°Côté bâbord
Feu de côté tribordVert112,5°Côté tribord
Feu de poupeBlanc135°Aussi près que possible de la poupe

Les secteurs sont jointifs et couvrent exactement 360° (112,5 + 112,5 + 135 = 360). Pas d’angle mort, pas de recouvrement.

Ce qui n’est pas là est aussi important que ce qui est là. R25(a) ne prescrit aucun feu de mât blanc. C’est la différence essentielle avec R23 : le navire à moteur allume un feu de mât blanc 225° en plus de ses feux de côté. Le voilier sous voile, lui, n’en a pas. Un observateur qui voit un feu rouge ou vert sans feu blanc en hauteur au-dessus identifie immédiatement un voilier sous voile pure.

Portées minimales (R22) : pour un voilier de 12 à 50 m, feux de côté et feu de poupe doivent être visibles à 2 milles. Pour un voilier de moins de 12 m, feux de côté à 1 mille et feu de poupe à 2 milles.

Variante voilier < 20 m : le feu tricolore en tête de mât

R25(b) autorise un voilier de moins de 20 m à regrouper les trois feux de R25(a) en une seule lanterne placée au sommet ou à la partie supérieure du mât. C’est le feu tricolore tête de mât.

Cette lanterne unique contient les trois secteurs dans une seule enveloppe :

  • 112,5° rouge côté bâbord
  • 112,5° vert côté tribord
  • 135° blanc vers l’arrière

Pourquoi en tête de mât ? Sur un voilier de 8 à 15 m, les feux latéraux montés sur les balcons ou les chandeliers de pont disparaissent dans les creux par mer formée. La lanterne tricolore placée le plus haut possible reste visible même quand le bateau s’enfonce dans la vague. C’est une question de sécurité opérationnelle.

La règle d’exclusivité que tout le monde rate : le tricolore tête de mât n’est pas un complément aux feux séparés — c’est une alternative. Tu ne les allumes pas ensemble. Soit tu utilises les feux séparés sur le pont, soit tu allumes le tricolore en tête de mât. Jamais les deux simultanément. Les électriciens marine câblent systématiquement un commutateur “feux séparés / tricolore” pour rendre cette exclusivité physiquement impossible à violer.

La limite des 20 m est ferme : un voilier de 20,01 m doit obligatoirement utiliser les feux séparés. Pour la grande majorité de la plaisance — pratiquement tout ce qui navigue sous 15 m — le tricolore tête de mât est la configuration standard.

Feux additionnels facultatifs — rouge sur vert

R25(c) autorise un voilier en route à ajouter, au sommet ou à la partie supérieure du mât, deux feux superposés visibles sur tout l’horizon :

  • Feu supérieur rouge 360°
  • Feu inférieur vert 360°

Ce sont des feux “peut” — aucun voilier n’est obligé de les avoir. Leur utilité : une visibilité accrue en zones de trafic dense ou par mer formée où les feux de côté peuvent être masqués par la gîte.

L’exclusivité avec le tricolore est inscrite dans le texte : R25(c) précise explicitement “ces feux ne doivent pas être montrés en même temps que le fanal autorisé par le paragraphe b)”. En clair :

  • Feux séparés + rouge/vert tout-horizon optionnel : autorisé.
  • Tricolore tête de mât seul : autorisé.
  • Tricolore tête de mât + rouge/vert tout-horizon : interdit.

En pratique, les feux superposés rouge sur vert se trouvent surtout sur les voiliers de course ou de croisière hauturière de plus de 12 m câblés avec feux séparés. Sur un voilier de plaisance côtière de 10 m en tricolore, ils ne s’envisagent pas.

Cas critique : le voilier au moteur devient R23

C’est le point qui fait trébucher les candidats à l’oral, et c’est volontairement que j’y consacre une section entière.

La règle est simple, mais contre-intuitive : dès qu’un voilier utilise sa propulsion mécanique — même si ses voiles sont établies et portent du vent — il devient au sens de R3(b) un navire à propulsion mécanique. R25 ne s’applique plus pour les feux. C’est R23 qui prend le relais.

Ce que ça change de nuit :

  • Le voilier doit allumer un feu de mât blanc 225° — c’est exactement le feu qui était absent en R25(a).
  • Les feux de côté rouge et vert restent allumés.
  • Le feu de poupe blanc 135° reste allumé.
  • S’il utilisait son tricolore tête de mât (R25 b), il doit basculer sur les feux séparés : le tricolore est incompatible avec R23.

De jour (R25 e) : un voilier qui fait route à la voile et au moteur simultanément doit montrer à l’avant, à l’endroit le plus visible, une marque de forme conique, pointe en bas. C’est le seul élément de R25 qui reste actif quand le moteur tourne. Tout le reste bascule sur R23.

La confusion vient du raisonnement en silos : on apprend R25 comme “la règle des voiliers” et R23 comme “la règle des moteurs”, et on oublie que le RIPAM raisonne sur l’état de propulsion, pas sur la forme de la coque. L’état de propulsion prime toujours sur le type de navire.

Embarcations à l’aviron et voiliers de moins de 7 m

R25(d) crée deux cas distincts pour les petites unités.

R25(d)(i) — Voilier de moins de 7 m : le règlement l’invite à montrer les feux de R25(a) ou (b) “si possible”. À défaut, il doit avoir à portée de la main une lampe électrique ou un fanal allumé montrant une lumière blanche, à présenter en temps utile pour éviter un abordage.

“À portée de la main” est la formule officielle — pas besoin de feux fixes allumés en permanence. Une lampe-torche dans le sac étanche fonctionne, à condition qu’elle puisse être brandie immédiatement quand un autre navire approche.

R25(d)(ii) — Embarcation à l’aviron : elle peut montrer les feux d’un voilier si elle en est équipée. Sinon, même obligation : lampe blanche prête à montrer.

Sont concernés : annexes, kayaks, planches à pagaie, dériveurs sans installation électrique, optimists en navigation crépusculaire. Ces embarcations n’ont pas besoin de feux fixes — mais elles n’ont pas non plus le droit de naviguer dans l’obscurité sans aucun moyen d’être vues.

Pièges classiques à l’examen CMP

Ces huit pièges sont ceux que l’oral sort en rotation. Les candidats qui s’y préparent ne se font pas surprendre.

Piège 1 — “Le voilier au moteur reste un voilier pour les feux.” Faux. Dès que le moteur tourne, c’est R23 — feu de mât blanc 225° obligatoire en plus des feux de côté et du feu de poupe. Réponse-réflexe : “moteur en marche = navire à propulsion mécanique au sens de R3(b).”

Piège 2 — “Le tricolore tête de mât et les feux séparés peuvent coexister.” Faux. C’est l’un ou l’autre. L’allumage simultané des deux configurations crée une signature lumineuse incompréhensible et met les autres navires en erreur sur ta taille et ton statut.

Piège 3 — “Un voilier au moteur arbore deux cônes superposés de jour.” Faux. R25(e) ne prescrit qu’un seul cône pointe en bas. Les “deux cônes” sont une vulgarisation qui circule dans certains supports — à éviter absolument en réponse d’examen.

Piège 4 — “Un kayak n’a aucune obligation de feu de nuit.” Faux. R25(d) impose une lampe blanche prête à montrer. Pas de feux fixes obligatoires, mais une source lumineuse blanche dans la main à l’approche d’un autre navire.

Piège 5 — “Un voilier de 20 m peut utiliser le tricolore tête de mât.” Faux. R25(b) limite cette option aux voiliers strictement inférieurs à 20 m. À partir de 20 m, feux séparés obligatoires, sans tolérance.

Piège 6 — “Un voilier a un feu de mât blanc comme un navire à moteur.” Double faux. R25 ne prescrit aucun feu de mât blanc. Les seuls feux tout-horizon autorisés en tête de mât sont les rouge sur vert optionnels de R25(c). Le feu de mât blanc 225° n’apparaît que quand le voilier bascule en R23.

Piège 7 — “Le feu de poupe d’un voilier couvre 180°.” Faux. Le feu de poupe blanc couvre 135° — c’est R21(c), et c’est vrai pour tous les navires sauf cas particuliers.

Piège 8 — “Voilier sous voile = toujours prioritaire sur le moteur.” À nuancer fortement. R18 donne effectivement la priorité au voilier sous voile sur un navire à propulsion mécanique — en règle générale. Mais R18 cède devant R10 (dispositif de séparation du trafic), R9 (chenal étroit) et R13 (rattrapage). La hiérarchie complète : R10 > R13 > R18.

Sources

Questions fréquentes

Quels feux doit montrer un voilier en route la nuit ?

Un voilier en route sous voiles seules montre un feu de côté rouge à bâbord (112,5°), un feu de côté vert à tribord (112,5°) et un feu de poupe blanc à l'arrière (135°). PAS de feu de mât blanc à l'avant — c'est la différence clé avec un navire à propulsion mécanique. Voilier < 20 m peut utiliser à la place un feu tricolore unique en tête de mât.

Quand un voilier passe-t-il en R23 ?

Dès qu'il utilise sa propulsion mécanique, même avec les voiles établies. La règle 25(e) le confirme : un voilier au moteur doit allumer le feu de mât blanc 225° comme un navire à propulsion. De jour il signale ce statut en hissant une marque conique pointe en bas. C'est le piège n°1 de la R25 à l'oral CMP.

Puis-je utiliser à la fois le tricolore tête de mât et les feux séparés ?

Non. La règle 25(b) précise que le tricolore tête de mât est une alternative aux feux séparés pour les voiliers de moins de 20 m — pas un complément. Tu choisis l'un ou l'autre, jamais les deux. Les deux allumés simultanément induiraient les autres en erreur sur ton type de navire et ta longueur.

Que faire sur un voilier de moins de 7 mètres ou en aviron ?

La règle 25(d)(ii) autorise les voiliers de moins de 7 m et les embarcations à l'aviron à n'avoir qu'une lanterne blanche prête à montrer en cas d'approche d'un autre navire — pas de feux fixes obligatoires. Recommandé en pratique : avoir aussi un feu de poupe ou un tricolore portatif, plus visible et plus sûr.

S'exercer sur ce sujet

Quiz progressif CMP → C500 20 cas

Test du RIPAM

Décider qui est privilégié et quelle manœuvre face à une rencontre : face-à-face R14, croisement R15, rattrapage R13, hiérarchie R18, navire privilégié R17.

  • Identifier la situation
  • Décider
  • Manœuvrer
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