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Deux voiliers sous voile en croisement par mer formée, l'un sur tribord amures grand-voile à bâbord, l'autre sur bâbord amures grand-voile à tribord — illustration de la règle 12 du RIPAM
concept Brevet : CMP Niveau 1/3 8 min de lecture

RIPAM règle 12 — priorité entre voiliers : amures et sous le vent

La règle 12 du RIPAM : entre voiliers, vent par tribord prioritaire. Si même amure, sous le vent prioritaire. Pièges examen CMP.

Publié le 1 mai 2026 · Mis à jour le 19 mai 2026 · RIPAM · règle 12 · voiliers · amures · CMP

Le texte de R12 — une seule fois, en entier

(a) Lorsque deux voiliers s’approchent l’un de l’autre au point de présenter un risque d’abordage, l’un d’eux doit se tenir à l’écart de l’autre de la manière suivante : (i) lorsque chacun a le vent d’un côté différent, le bateau qui a le vent à bâbord doit se tenir à l’écart de l’autre ; (ii) lorsqu’ils ont le vent du même côté, le bateau au vent doit se tenir à l’écart du bateau sous le vent ; (iii) si un bateau ayant le vent à bâbord voit un bateau au vent et ne peut déterminer avec certitude si l’autre bateau a le vent à bâbord ou à tribord, il doit se tenir à l’écart de l’autre bateau. (b) Aux fins de la présente règle, le côté au vent est réputé être le côté opposé à celui où est portée la grand-voile.

— Règle 12 du RIPAM — Convention COLREG 1972

R12 est une règle à trois cas, pas une règle à une phrase. Le réflexe “tribord amures = roi des mers, point final” couvre 80 % des situations — le cas (a)(i). Dans les 20 % restants, il t’emmène droit dans le mur à l’oral.

Les 3 cas de R12 — amures différentes, même amure, doute

R12 suit une logique interne claire une fois que tu vois les trois cas ensemble.

Cas (a)(i) — Amures différentes. Le vent vient d’un côté différent pour chaque voilier. Règle absolue : le voilier bâbord amures s’écarte du voilier tribord amures. Mémo : “bâbord cède”. Le tribord amures est le navire privilégié — il maintient cap et vitesse (R17), et le bâbord amures manœuvre tôt et franchement (R16).

Cas (a)(ii) — Même amure. Les deux voiliers reçoivent le vent du même côté. Le critère n’est plus l’amure mais la position relative au vent : le voilier au vent s’écarte du voilier sous le vent. Le sous le vent est protégé parce qu’il manœuvre moins facilement — il ne peut pas remonter au vent sans risquer de créer un conflit avec le voilier au vent qui est précisément de ce côté-là.

Cas (a)(iii) — Règle du doute. Tu es bâbord amures. Tu vois un voilier au vent, mais tu n’arrives pas à déterminer ses amures. Tu t’écartes par sécurité. Cette règle ne s’applique qu’au bâbord amures dans l’incertitude — si tu es tribord amures, tu n’as pas cette obligation.

Voir aussi

Privilégié, non-privilégié — la dyade qui structure le RIPAMRIPAM

Être privilégié n'est pas un droit, c'est une obligation symétrique. L'un manœuvre tôt et franchement, l'autre maintient cap et vitesse — et manœuvre en dernier recours.

R12 désigne lequel des deux voiliers devient non-privilégié (R16) et lequel reste privilégié (R17) — la dyade est la même qu'en R15, simplement décidée par les amures et le vent au lieu de la position relative.

Comprendre les amures sans être voileux

Les amures désignent le côté par lequel le voilier reçoit le vent. C’est tout.

  • Tribord amures : le vent vient de tribord. Le voilier gîte vers bâbord. La grand-voile est portée à bâbord.
  • Bâbord amures : le vent vient de bâbord. Le voilier gîte vers tribord. La grand-voile est portée à tribord.

Le trick mémo pour les non-voileux : la grand-voile est toujours du côté opposé aux amures. Vent par tribord → grand-voile à bâbord → tribord amures. Une fois que tu as ancré ce réflexe, tu n’as plus besoin de “savoir naviguer” pour répondre à l’oral. Tu regardes où est la bôme, tu prends le côté opposé, et tu as les amures.

R12(b) formalise ça en droit : “le côté au vent est réputé être le côté opposé à celui où est portée la grand-voile”. C’est la grand-voile qui fait foi — pas les focs, pas le spi.

Identifier les amures de l’autre voilier — observation visuelle

De jour, deux méthodes rapides.

Méthode principale — la grand-voile : observe de quel côté est la bôme. Bôme à bâbord → grand-voile à bâbord → côté au vent = tribord → l’autre voilier est tribord amures → il est privilégié → tu dois t’écarter si tu es bâbord amures.

Méthode secondaire — la gîte : un voilier gîte vers son côté sous le vent. S’il gîte vers bâbord, le vent vient de tribord → tribord amures.

De nuit, les feux de côté t’indiquent la position de l’autre voilier mais pas directement ses amures. Si tu es bâbord amures et que tu vois un voilier au vent sans pouvoir lire sa grand-voile, tu es exactement dans la situation de R12 a-iii : tu t’écartes. C’est précisément pour les situations nocturnes que ce troisième cas a été rédigé.

R12 ne s’applique qu’entre voiliers sous voile

C’est le point sur lequel les candidats perdent des points parce qu’un énoncé d’examen glisse souvent un moteur dans le scénario.

Dès qu’un voilier utilise son moteur — même 30 secondes pour manœuvrer en sortie de mouillage, même si ses voiles sont hissées — il devient navire à propulsion mécanique au sens de R3(b). R12 ne s’applique plus du tout. C’est alors R18 qui gouverne la rencontre : le voilier motorisé s’écarte du voilier sous voile, quelles que soient ses amures.

De jour, un voilier en route au moteur doit arborer le cône pointe en bas. S’il ne l’arbre pas, l’autre voilier ne sait pas qu’il est motorisé — situation dangereuse car l’autre croit avoir affaire à R12 alors que c’est R18 qui s’applique.

Le bon raisonnement à l’oral suit toujours la même cascade : je détecte (R5), j’évalue le risque (R7), j’identifie la catégorie des navires en présence — si les deux sont sous voile pure, R12 s’applique ; si l’un utilise le moteur, R18 prime, et R12 disparaît du raisonnement.

Voir aussi

Cascade RIPAM — l'enchaînement R5 → R7 → R6 → R19RIPAM

Le RIPAM ne s'applique pas règle par règle isolée : c'est une cascade logique qui démarre à la veille. Sans R5, aucune autre règle ne s'enclenche.

R12 est l'analogue de R15 pour les voiliers : la cascade R5 → R7 → R12 → R16/R17 reste identique. Tu identifies le risque (R7), tu désignes qui s'écarte (R12), tu manœuvres tôt et franchement (R16) ou tu maintiens (R17).

R12 vs Racing Rules of Sailing

En mer ouverte hors compétition officielle, c’est R12 qui s’applique. En régate avec comité de course et jury, ce sont les Racing Rules of Sailing (RRS) de World Sailing qui gouvernent.

Pour le candidat CMP, la bonne formulation à l’oral est : “entre deux voiliers hors régate, c’est R12 RIPAM.” Les RRS rejoignent d’ailleurs R12 sur les cas principaux — ce n’est pas un hasard, les deux corpus s’inspirent des mêmes principes de sécurité maritime. Et si un bateau en régate croise un voilier en croisière, le bateau en course se conforme au RIPAM, pas aux RRS.

La règle du doute R12 a-iii — celle que personne ne cite

R12 a-iii est le cas le plus différenciant. Pratiquement aucun cours de préparation CMP n’en fait une slide dédiée — et pourtant l’examinateur peut formuler un scénario nocturne qui l’appelle directement.

Le scénario type : “Tu navigues bâbord amures. Tu vois un voilier au vent. La nuit t’empêche de voir clairement sa grand-voile. Que fais-tu ?” Réponse attendue : “R12 a-iii — je suis bâbord amures, le voilier est au vent, je ne peux pas déterminer ses amures avec certitude. Je m’écarte par sécurité.”

La logique est simple une fois qu’on la voit : tu es le non-privilégié potentiel dans le cas (a)(i). Si l’incertitude porte sur l’autre navire, et que la résolution de cette incertitude pourrait te confirmer dans le rôle non-privilégié, tu t’écartes par défaut. C’est la traduction réglementaire du bon sens maritime.

R12 a-iii ne s’applique qu’au voilier bâbord amures dans l’incertitude. Si tu es tribord amures et que tu n’arrives pas à déterminer les amures de l’autre, tu n’as pas cette obligation.

Pièges à l’oral CMP — 5 erreurs typiques

Piège 1 — Confondre amures et côté du bateau. “Tribord amures” ne veut pas dire “le voilier est sur mon tribord”. C’est la confusion classique avec R15. En R15 (croisement moteur-moteur), tu t’écartes si l’autre est sur ton tribord. En R12, le critère est le côté du vent de l’autre voilier, pas sa position par rapport à toi. Un voilier bâbord amures peut très bien se trouver sur ton tribord — et c’est quand même lui qui s’écarte. Deux logiques orthogonales, ne les mélange pas.

Piège 2 — Appliquer R12 à un voilier au moteur. Dès que le moteur tourne, R12 disparaît. L’examinateur glissera souvent “le voilier démarre son moteur” dans l’énoncé. Réflexe : dès que tu entends “moteur”, bascule sur R18. Le cône pointe en bas de jour est le signal visuel qui te dit que l’autre voilier est motorisé.

Piège 3 — Oublier que R13 prime sur R12. Un voilier tribord amures qui rattrape un voilier bâbord amures peut croire qu’il est prioritaire. Faux — R13 (rattrapage) prime sur R12. Le rattrapant s’écarte toujours, quelles que soient ses amures. Comment distinguer rattrapage et croisement : si tu ne vois que le feu de poupe blanc de l’autre (pas de feu de côté), tu le rattrapes → R13.

Piège 4 — Oublier R12 a-iii. La majorité des candidats ne connaissent que les deux premiers cas. Le troisième existe, il est testé, et le citer marque immédiatement une compréhension au-dessus de la moyenne. Retiens le scénario-type : bâbord amures + voilier au vent + amures incertaines → je m’écarte.

Piège 5 — Croire que “au vent = fort = prioritaire” dans le cas même amure. Dans le cas (a)(ii), c’est l’inverse : le voilier sous le vent est privilégié, le voilier au vent s’écarte. La logique est opératoire : le voilier au vent peut facilement abattre pour s’écarter, le voilier sous le vent ne peut pas remonter au vent sans risquer de créer un conflit supplémentaire.

Sources

Questions fréquentes

Qu'est-ce que les amures d'un voilier ?

L'amure, c'est le côté par lequel le voilier reçoit le vent. Tribord amures = vent qui vient de tribord, grand-voile à bâbord. Bâbord amures = vent qui vient de bâbord, grand-voile à tribord. C'est l'inverse du côté de la grand-voile — retiens ça et le reste suit.

Entre deux voiliers, qui a la priorité ?

Ça dépend de leurs amures. Si elles sont différentes, le bâbord amures s'écarte du tribord amures. Si elles sont identiques, le voilier au vent s'écarte du voilier sous le vent. Et si tu n'arrives pas à déterminer les amures de l'autre, tu t'écartes par sécurité si tu es bâbord amures — c'est le cas 3 (R12 a-iii).

La règle 12 s'applique-t-elle si l'un des voiliers utilise son moteur ?

Non. Dès qu'un voilier allume son moteur, il devient navire à propulsion mécanique au sens de R3(b). C'est alors R18 qui s'applique : le voilier motorisé doit s'écarter du voilier sous voile, quelles que soient ses amures. R12 disparaît du raisonnement.

Qu'est-ce que la règle du doute R12 a-iii ?

Si tu es bâbord amures et que tu vois un voilier au vent sans pouvoir déterminer ses amures (de nuit, distance, brouillard léger), tu t'écartes par défaut. R12 a-iii place la responsabilité sur le bâbord amures dans l'incertitude. C'est la règle que pratiquement aucun cours ne cite, et que les bons candidats sortent à l'oral.

Tribord amures = voilier sur mon tribord ?

Non — c'est la confusion la plus fréquente à l'oral. Tribord amures désigne le côté par lequel le voilier reçoit le vent, pas sa position par rapport à toi. Un voilier tribord amures peut très bien se trouver sur ton bâbord. R12 et R15 ont des logiques totalement différentes — ne les mélange pas.

S'exercer sur ce sujet

Quiz progressif CMP → C500 20 cas

Test du RIPAM

Décider qui est privilégié et quelle manœuvre face à une rencontre : face-à-face R14, croisement R15, rattrapage R13, hiérarchie R18, navire privilégié R17.

  • Identifier la situation
  • Décider
  • Manœuvrer
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