À retenir
L'essentiel
La règle 37 du RIPAM est courte : lorsqu'un navire est en détresse et demande assistance, il utilise ou montre les signaux décrits dans l'Annexe IV. Ce sont des signaux internationaux : radio, pyrotechnie, fumée, marques, sons et gestes.
- R37 ne donne pas une procédure complète de sauvetage : elle pointe vers l'Annexe IV, la liste officielle des signaux de détresse.
- Les signaux à connaître sans hésiter : MAYDAY, SOS, fusées rouges, fumigène orange, pavillon NC, signal continu de corne, bras levés et abaissés lentement.
- Un seul signal suffit pour indiquer la détresse ; plusieurs peuvent être utilisés ensemble pour augmenter les chances d'être vu ou entendu.
- L'utilisation de ces signaux hors détresse, ou de signaux qui peuvent être confondus avec eux, est interdite.
Règle d'or
Détresse = danger grave + besoin d'assistance. Ne confonds jamais R37 avec le signal de doute R34.
R37 en une phrase
R37 dit simplement : quand tu es en détresse et que tu as besoin d’assistance, tu utilises les signaux de l’Annexe IV. La règle elle-même est donc très courte ; le contenu à apprendre est dans l’annexe.
Le piège, c’est de mélanger trois choses différentes :
- le signal de doute R34 : au moins cinq sons brefs et rapides ;
- les signaux de brume R35 : sons périodiques selon le type de navire ;
- les signaux de détresse R37 : MAYDAY, SOS, fusées rouges, fumigène orange, pavillon NC, etc.
À l’oral CMP, la bonne réponse commence donc par le contexte. Si le navire dit “je ne comprends pas ta manœuvre”, c’est R34. Si le navire signale sa présence dans la brume, c’est R35. Si le navire demande assistance parce qu’il est en danger grave, c’est R37.
Voir aussi
Distingue les signaux de manœuvre R34 et les signaux de brume R35 : sons brefs, sons prolongés, doute, dépassement en chenal et pièges CMP.
La fiche R34/R35 te donne la différence entre signal de manœuvre, signal de brume et signal de doute. R37 vient juste après pour fermer le bloc signaux.
La liste officielle : ce que tu dois reconnaître
L’Annexe IV liste les signaux de détresse internationaux. Tu n’as pas besoin de les réciter comme un texte juridique, mais tu dois pouvoir les reconnaître et expliquer leur logique.
R37 / Annexe IV
Les signaux qui veulent dire détresse
Un seul de ces signaux suffit : il indique une détresse et un besoin d'assistance. Les utiliser hors détresse est interdit.
Radio
MAYDAY en radiotéléphonie
Message de détresse vocal, typiquement en VHF canal 16 après l'alerte ASN si le matériel le permet.
MAYDAY = danger grave et imminent. PAN PAN n'est pas un signal de détresse R37.
Radio
SOS en Morse
Groupe ... --- ... émis par tout moyen de signalisation.
Ce n'est pas un code décoratif : il reste listé dans l'Annexe IV.
Radio
Signaux approuvés par radiocommunication
ASN, radiobalise de localisation des sinistres et transpondeur radar de sauvetage selon l'équipement du navire.
Ne confonds pas le bouton DISTRESS ASN avec le message vocal : les deux se complètent.
Pyrotechnie
Fusée parachute ou feu à main rouge
Signal visuel très fort, surtout si un navire ou un aéronef peut le voir.
Rouge = détresse. Une fusée blanche ou verte n'a pas ce sens.
Pyrotechnie
Fusées ou projectiles à étoiles rouges
Étoiles rouges tirées une par une à courts intervalles.
La répétition à courts intervalles fait partie de l'identification.
Fumée
Fumigène orange
Signal de jour très visible depuis un aéronef ou un navire proche.
Orange = détresse. La fumée n'est pas un simple repère de position.
Marques
Pavillon NC
Signal de détresse du Code international des signaux.
N au-dessus de C, pas un pavillon national ni un pavillon de courtoisie.
Marques
Pavillon carré avec boule
Pavillon carré surmonté ou accompagné d'une boule ou d'un objet similaire.
À ne pas confondre avec les marques de jour des navires au mouillage ou échoués.
Sonore
Canon ou signal explosif répété
Un coup à intervalles d'environ une minute.
Ce n'est pas un signal de manœuvre : la répétition longue indique la détresse.
Sonore
Signal continu d'appareil de brouillard
Son continu au sifflet, corne ou autre appareil de signalisation de brouillard.
Ne le confonds pas avec R35, qui est périodique et codé par type de navire.
Visuel
Flammes sur le navire
Feu visible à bord, par exemple un récipient enflammé.
Une flamme volontaire utilisée comme signal n'est pas un feu de navigation.
Visuel
Bras levés et abaissés lentement
Mouvement répété des bras étendus de chaque côté du corps.
Ce n'est pas un salut. Le geste est lent, répété, symétrique.
La logique commune est simple : être repéré par le plus de moyens possibles. La radio porte loin, les fusées montent haut, le fumigène marque une position de jour, le pavillon NC donne une information visuelle durable, le signal sonore continu attire l’attention à courte ou moyenne distance, les bras levés et abaissés servent quand tu n’as plus rien.
Un seul signal suffit
L’Annexe IV précise que les signaux peuvent être utilisés ou montrés ensemble ou séparément. Tu n’as pas besoin de cumuler MAYDAY + fusée + pavillon pour que la détresse existe. Un seul signal de la liste indique déjà la détresse et le besoin d’assistance.
MAYDAY, ASN, MMSI : ne mélange pas la règle et la procédure radio
Le RIPAM dit que le mot MAYDAY émis par radiotéléphonie est un signal de détresse. Mais il ne t’apprend pas toute la procédure radio. Pour ça, tu sors du RIPAM et tu entres dans le domaine radio maritime.
En pratique moderne, si tu as une VHF ASN :
Alerte ASN si disponible
Tu appuies sur le bouton DISTRESS selon la procédure de l’appareil. Le message numérique part sur le canal 70 avec l’identité MMSI du navire et, si l’installation est correctement reliée au GPS, la position.
Message vocal MAYDAY sur canal 16
Après l’alerte numérique, tu passes le message vocal : MAYDAY, nom du navire, indicatif ou MMSI, position, nature de la détresse, assistance demandée, nombre de personnes, informations utiles.
Écoute et discipline radio
Tu restes à l’écoute du CROSS et des navires autour. Tu ne transformes pas la fréquence en conversation : la détresse impose une discipline radio stricte.
Phrase courte à l'oral
« R37 reconnaît MAYDAY comme signal de détresse. En procédure VHF moderne, l’ASN sur canal 70 alerte numériquement, puis le canal 16 sert au message vocal et à la coordination. »
L’ANFR rappelle que le MMSI est l’identifiant radio maritime à 9 chiffres programmé dans les équipements concernés : VHF ASN, balises, transpondeurs selon installation. Ce point compte parce qu’une alerte numérique sans identité ou sans position exploitable fait perdre du temps aux secours.
Pyrotechnie et fumée : rouge et orange, pas “joli à voir”
Dans les signaux visuels, retiens deux couleurs.
Rouge = détresse lumineuse. Fusée parachute rouge, feu à main rouge, étoiles rouges tirées à courts intervalles. C’est la couleur que les navires et aéronefs associent immédiatement à la détresse.
Orange = détresse fumigène. Le fumigène orange est surtout un signal de jour. Il marque ta position avec une surface visible, utile depuis un aéronef ou depuis un navire qui approche.
Ne gaspille pas les signaux pyrotechniques
En survie réelle, on n’utilise pas une fusée rouge vers un horizon vide juste pour “essayer”. Tu la gardes pour un navire ou un aéronef susceptible de la voir. En examen, dis-le : les signaux sont puissants, mais limités en quantité.
La pyrotechnie n’est pas le sujet principal de R37, mais c’est souvent ce que le jury attend en premier. Si on te demande “citez des signaux de détresse”, commence par MAYDAY, fusée rouge, fumigène orange, pavillon NC. C’est simple, robuste, et conforme à l’Annexe IV.
Marques et gestes : NC, pavillon carré, bras levés
Les signaux visuels non pyrotechniques sont moins spectaculaires, mais ils tombent souvent en question.
Le pavillon NC vient du Code international des signaux. Il signifie : je suis en détresse et j’ai besoin d’assistance. Il faut retenir la paire, pas seulement “un pavillon quelconque”.
Le pavillon carré avec boule : l’Annexe IV cite un pavillon carré surmonté ou accompagné d’une boule ou d’un objet ressemblant. Ce n’est pas le même usage que les marques de jour pour le mouillage ou l’échouement. Ici, c’est un signal de détresse.
Les bras levés et abaissés lentement : un signal humain, utile quand tu n’as ni radio, ni pyrotechnie, ni pavillon. Les bras sont étendus de chaque côté du corps et montent/descendent lentement, de façon répétée. Si tu fais juste coucou, tu crées une ambiguïté.
Mémo visuel
NC = signal codé. Rouge = lumière de détresse. Orange = fumée de détresse. Bras lents = dernier signal humain.
Sons de détresse : ne les confonds pas avec R34/R35
Deux signaux sonores de l’Annexe IV sont à connaître :
- un coup de canon ou un autre signal explosif à intervalles d’environ une minute ;
- le son continu d’un appareil de signalisation de brouillard.
Le mot important est continu. En R35, les signaux de brume sont périodiques et codés : un son prolongé, deux sons prolongés, un prolongé + deux brefs, etc. En R37, le son continu veut attirer l’attention parce que le navire est en détresse.
Le piège des cinq brefs rapides
Cinq sons brefs et rapides ou plus, ce n’est pas R37. C’est le signal de doute ou de danger de R34. Il indique que l’autre manœuvre est incomprise ou insuffisante, pas que ton navire demande secours.
Mini-cas d’entraînement
Cas 1. Tu entends à la VHF : “MAYDAY, MAYDAY, MAYDAY…”. Réponse : signal de détresse R37 par radiotéléphonie. Tu gardes le silence radio sauf si tu es concerné ou capable d’aider, tu écoutes la coordination.
Cas 2. Un navire tire une fusée rouge à parachute alors qu’un cargo est visible au large. Réponse : signal de détresse pyrotechnique. Rouge = détresse. Le signal peut être utilisé seul.
Cas 3. Un navire émet cinq sons brefs et rapides après une manœuvre confuse dans un chenal. Réponse : R34, pas R37. C’est le signal de doute ou de danger, pas une demande d’assistance.
Cas 4. Une embarcation sans radio agite lentement les bras de haut en bas, de manière répétée. Réponse : signal visuel de détresse de l’Annexe IV, surtout si la situation autour confirme un besoin d’assistance.
Pièges classiques à l’examen
Piège 1 — répondre seulement “MAYDAY canal 16”
MAYDAY est central, mais R37 ne se limite pas à la VHF. Le jury attend aussi des signaux visuels et pyrotechniques : fusées rouges, fumigène orange, pavillon NC, bras levés, signaux sonores.
Piège 2 — confondre détresse et urgence
MAYDAY = détresse, danger grave et imminent. PAN PAN = urgence sérieuse, mais pas détresse immédiate. R37 parle des signaux de détresse, pas de tous les messages radio possibles.
Piège 3 — utiliser un signal de détresse pour attirer l'attention
R37 interdit l’usage des signaux de détresse hors détresse, et interdit aussi les signaux qui peuvent être confondus avec eux. Tu n’utilises pas une fusée rouge pour saluer ou tester le matériel.
Piège 4 — oublier les signaux simples
Quand tout le matériel moderne est perdu, il reste parfois les gestes : bras levés et abaissés lentement. Ce signal paraît basique, mais il figure dans l’Annexe IV.
À mémoriser
Mémo express — RIPAM R37 et Annexe IV
Déclencheur
- R37 = détresse + besoin d'assistance.
- Les signaux sont listés dans l'Annexe IV du RIPAM.
- Un seul signal de la liste suffit.
Signaux à sortir sans hésiter
- Radio : MAYDAY, SOS, alerte ASN / signaux approuvés de radiocommunication.
- Visuel : fusée rouge, feu à main rouge, fumigène orange, pavillon NC, bras levés et abaissés lentement.
- Sonore : signal explosif répété environ chaque minute, son continu d'appareil de brouillard.
Pièges
- 5 brefs rapides = R34 doute/danger, pas R37.
- PAN PAN = urgence, pas détresse R37.
- Signal de détresse hors détresse = interdit.
Voir aussi
Alerte et décision d'abandon, mise à l'eau, survie en eau froide (hypothermie, HELP, huddle) et signaux de détresse individuels.
Quand la détresse débouche sur l'abandon, cette fiche prend le relais : gilet, saut, hypothermie, HELP, Huddle et signaux individuels.