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concept Brevet : CMP Niveau 1/3 6 min de lecture

RIPAM règle 17 — manœuvre du navire privilégié

La règle 17 du RIPAM : maintenir cap et vitesse, peut manœuvrer, doit manœuvrer. Les 3 phases du privilégié, restriction bâbord, pièges CMP.

Publié le 30 avril 2026 · Mis à jour le 19 mai 2026 · RIPAM · règle 17 · privilégié · manœuvre · abordage

Le piège du mot “privilégié” — une obligation, pas un avantage

Le mot m’a induit en erreur tout le début. “Privilégié” évoque une liberté, un droit de passage. C’est l’inverse : c’est une obligation de prévisibilité.

La dyade privilégié / non-privilégié fonctionne comme un système : l’un maintient pour permettre à l’autre de calculer. Les deux obligations sont actives, simplement asymétriques.

Voir aussi

Privilégié, non-privilégié — la dyade qui structure le RIPAMRIPAM

Être privilégié n'est pas un droit, c'est une obligation symétrique. L'un manœuvre tôt et franchement, l'autre maintient cap et vitesse — et manœuvre en dernier recours.

La dyade complète privilégié / non-privilégié, et ce que chaque côté doit faire en miroir.

R17 s’applique chaque fois qu’une règle désigne un navire comme devant maintenir cap et vitesse : R15 (croisement), R13 (rattrapage), R12 (voiliers), R18 (hiérarchie générale).

Phase 1 — maintenir cap et vitesse, une obligation active

Lorsqu’un navire est tenu de s’écarter de la route d’un autre navire, cet autre navire doit maintenir son cap et sa vitesse.

— Règle 17 — alinéa (a)(i) — Convention COLREG 1972

“Maintenir” est une obligation active, pas passive. Si un courant dérive le navire privilégié hors de sa route, il doit compenser pour rester sur sa trajectoire attendue. Pas de virement préventif, pas de ralentissement pour observer. Maintenir — littéralement.

La durée de cette phase : tant que le non-privilégié agit conformément à R16. Dès que sa non-conformité devient “évidente”, la phase 2 s’ouvre. L’alinéa (a)(ii) précise cette condition, et l’alinéa (b) définit le seuil ultime de la phase 3 — deux paliers en prose, sans ambiguïté sur la progression.

Phase 2 — peut manœuvrer, et la restriction bâbord

Deux conditions doivent être réunies pour enclencher la phase 2.

Le seuil : « évident »

Pas “possible”, pas “probable”. Le texte dit “évident”. En pratique : CBDR persistant après 3 à 5 minutes d’observation, absence de tout changement de cap ou de vitesse observable, distance qui continue de diminuer. C’est un jugement qualitatif du capitaine. Attendre trop longtemps réduit les options ; agir trop tôt perturbe une manœuvre en cours côté non-privilégié.

L'autonomie de la manœuvre

L’alinéa (a)(ii) dit “par sa seule manœuvre”. La manœuvre du privilégié doit suffire à elle seule à éviter l’abordage. Il ne peut pas parier que le non-privilégié va réagir simultanément. Sa décision doit être autonomiquement suffisante.

Phase 3 — doit manœuvrer, la dernière chance

Le déclencheur de la phase 3 : la distance est tellement réduite que l’abordage ne peut plus être évité par la seule manœuvre du non-privilégié. Pas de chiffre dans le texte — ça dépend des vitesses, des rayons de giration, du vent, du courant. L’important n’est pas une distance mémorisée : c’est de voir quand la seule action du non-privilégié ne suffit plus.

Le passage de phase 2 à phase 3 n’est pas anodin :

  • Phase 2 : peut — s’abstenir n’est pas une infraction à R17.
  • Phase 3 : doit — ne pas manœuvrer est une violation de R17(b).

La règle ne prescrit pas de manœuvre spécifique — elle dit “la meilleure pour aider”. Cap, vitesse, ou les deux, selon ce qui réduit le mieux le risque. R8 s’applique : la manœuvre doit être franche, suffisante pour être perçue, et vérifiée jusqu’à ce que l’autre navire soit “définitivement paré et clair”. En phase 3, la restriction bâbord du (c) ne s’applique plus.

R17 dans la cascade — R15 → R17 ↔ R16 → R8

R17 ne fonctionne pas seule. Elle s’insère dans une séquence logique que tout examinateur CMP valorise si tu l’articules.

Cascade RIPAM — la règle 5 déclenche tout le reste

Sans veille, aucune des règles suivantes ne peut s'appliquer.

R5

Veille

Vue + ouïe + moyens. Tu détectes.

R7

Risque d'abordage

Tu évalues si la situation observée crée un risque.

R6

Vitesse de sécurité

Tu adaptes ta vitesse à ce que tu vois et ce que tu pèses.

R19 cas particulier

Brume

R5 intensifiée : veille doublée, tous moyens activés.

Toutes ces règles présupposent R5. Sans veille, le RIPAM ne s'enclenche pas.

R16 et R17 sont les deux faces d’une même pièce — elles encadrent simultanément les deux navires impliqués. R8 s’applique à chaque manœuvre issue de R16 ou de R17 en phases 2 et 3. Un candidat qui cite R17 sans R8 pour la phase 2 ou 3 a une réponse incomplète.

Voir aussi

Cascade RIPAM — l'enchaînement R5 → R7 → R6 → R19RIPAM

Le RIPAM ne s'applique pas règle par règle isolée : c'est une cascade logique qui démarre à la veille. Sans R5, aucune autre règle ne s'enclenche.

La cascade RIPAM complète : du diagnostic R7 à la qualité de manœuvre R8 — R17 et R16 sont les deux faces d'une même pièce.

R17 ne s’applique pas en visibilité réduite

En brume, brouillard, ou toute condition de visibilité insuffisante, c’est la règle 19 qui prend le dessus. R17 appartient à la Section II du RIPAM — les règles de conduite par bonne visibilité.

La logique de la phase 1 présuppose que les navires se voient. En visibilité réduite, un capitaine ne peut pas savoir si l’écho radar qui converge vers lui voit sa propre trajectoire. La base du raisonnement disparaît.

Sources

Questions fréquentes

Le navire privilégié peut-il manœuvrer dès qu'il le souhaite ?

Non. En phase 1, il doit maintenir cap et vitesse — manœuvrer perturberait le non-privilégié qui tente de calculer ta trajectoire. Il ne peut passer en phase 2 que lorsque la non-conformité du non-privilégié est 'évidente', pas supposée. Et en phase 3, il doit manœuvrer.

À quel moment le navire privilégié passe de 'peut' à 'doit' manœuvrer ?

La phase 2 ('peut') s'enclenche quand il est évident que le non-privilégié n'effectue pas la manœuvre appropriée. La phase 3 ('doit') s'enclenche quand la distance est tellement réduite que l'abordage ne peut plus être évité par la seule action du non-privilégié. C'est un seuil qualitatif, pas numérique.

Peut-on abattre sur bâbord en phase 2 pour s'écarter du non-privilégié ?

Non, si le non-privilégié est sur ton bâbord. Le paragraphe (c) de R17 l'interdit : si tu abats à bâbord vers un navire qui est bâbord à toi, tu vas vers lui — et si lui vire à tribord en même temps (manœuvre prescrite R16), vos deux routes convergent. En phase 2, vire à tribord ou réduis ta vitesse.

La règle 17 s'applique-t-elle en brume ?

Non. En visibilité réduite, c'est la règle 19 qui s'applique. R19 supprime la notion de navire privilégié : les deux navires doivent naviguer à vitesse réduite et prendre des précautions indépendamment de tout statut de priorité.

Si le navire privilégié manœuvre en phase 3, le non-privilégié est-il déchargé de son obligation ?

Non. Même si le privilégié manœuvre en dernier recours (phase 3), le non-privilégié reste soumis à son obligation R16. La manœuvre du privilégié ne le décharge jamais. Les deux navires restent responsables jusqu'à ce que le danger soit écarté.

S'exercer sur ce sujet

Quiz progressif CMP → C500 20 cas

Test du RIPAM

Décider qui est privilégié et quelle manœuvre face à une rencontre : face-à-face R14, croisement R15, rattrapage R13, hiérarchie R18, navire privilégié R17.

  • Identifier la situation
  • Décider
  • Manœuvrer
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