À retenir
L'essentiel
La règle 21 pose le vocabulaire de base : elle définit chaque type de feu par sa couleur et son secteur angulaire. Rien d'autre. Pas de portées (c'est la R22), pas de règles d'usage par type de navire (c'est la R23 et suivantes).
- Feu de tête de mât : blanc, 225°, de l'avant jusqu'à 22,5° sur l'arrière du travers de chaque bord.
- Feux de côté : vert à tribord, rouge à bâbord, 112,5° chacun. Navire < 20 m : combinables en fanal unique sur l'axe longitudinal.
- Feu de poupe : blanc, 135° (67,5° de chaque côté à partir de l'arrière). Feu de remorquage : jaune, mêmes caractéristiques.
- 225° + 135° = 360° : la couverture est totale. 112,5° × 2 = 225° : les deux feux de côté reproduisent le secteur frontal du feu de mât.
- Hauteurs et positionnement vertical : c'est l'Annexe I, jamais la R21. Ne pas confondre.
Secteurs angulaires des feux — Règle 21 RIPAM
Vue de dessus, proue vers le haut. Les arcs colorés montrent la zone angulaire depuis laquelle chaque feu est visible.
Cohérence angulaire
- 225° + 135° = 360° — le feu de mât et le feu de poupe, à eux deux, couvrent la totalité de l'horizon.
- 112,5° × 2 = 225° — les deux feux de côté (tribord + bâbord) couvrent exactement le même arc frontal que le feu de tête de mât.
- La frontière à 22,5° sur l'arrière du travers sépare le secteur des feux de côté/mât du secteur du feu de poupe.
Feux non directionnels
Feu visible sur tout l'horizon
Arc de 360° — visible de n'importe quel angle. Exemples : feu de mouillage, feu de travail, feu identifiant le type de navire.
Feu à éclats
120 éclats par minute ou plus — visible sur tout l'horizon. Signale un navire aéroglisseur en déplacement ou un navire à grande vitesse (selon le contexte réglementaire).
Légende
Règle d'or
225 + 135 = 360. Si tu mélanges les secteurs du mât et de la poupe, la couverture ne ferme plus. Commence toujours par là.
Le feu de tête de mât et les feux de côté
Trois feux, un seul secteur. C’est la logique qui relie le feu de mât aux feux de côté : ils couvrent ensemble tout le secteur avant de l’horizon, sans trou ni doublon.
Définition
Feu de tête de mât
Feu blanc placé au-dessus de l’axe longitudinal du navire, projetant une lumière ininterrompue sur un arc de 225°, depuis l’avant jusqu’à 22,5° sur l’arrière du travers de chaque bord. C’est un nom de fonction COLREG — pas une description de position physique sur le bateau.
Le secteur de 225° n’est pas arbitraire. Il couvre exactement tout ce qui se passe devant et sur les côtés : toutes les situations de croisement, de face-à-face, de dépassement par l’avant. Les 135° restants — l’arrière — sont couverts par le feu de poupe. Fermeture parfaite.
Les feux de côté : vert à tribord, rouge à bâbord
Chaque feu de côté couvre 112,5°, depuis l’avant jusqu’à 22,5° sur l’arrière du travers de son bord. Ce 22,5° derrière le travers est la frontière opérationnelle entre “feu de côté visible” et “feu de poupe visible” pour un observateur extérieur.
La géométrie qui ne ment pas
112,5° × 2 = 225°. Les deux feux de côté couvrent ensemble exactement le même secteur frontal que le feu de mât. Pas un degré de plus, pas un de moins. C’est voulu : la règle construit une redondance géométrique sur le secteur à risque maximal.
Pour les navires de moins de 20 mètres, la règle 21(b) autorise une simplification : les deux feux de côté peuvent être combinés en un fanal unique placé sur l’axe longitudinal du navire. Un seul boîtier qui projette le rouge à bâbord et le vert à tribord. Sur un petit voilier ou un semi-rigide, c’est cette solution qu’on voit souvent.
Piège terminologique — 'feu de tête de mât' n'est pas une adresse physique
Sur un semi-rigide gonflable, il n’y a pas de mât. Mais s’il monte un feu blanc 225° à l’avant, ce feu s’appelle réglementairement “feu de tête de mât”. Le terme désigne une fonction (feu blanc 225° sur l’axe longitudinal), pas un emplacement à bord. À l’examen, si on te demande “qu’est-ce qu’un feu de tête de mât”, la réponse parle de couleur et de secteur — pas de hauteur de mât.
Le feu de poupe et le feu de remorquage
Le feu de poupe ferme la couverture. Le feu de remorquage en est la variante colorée, avec une logique de renvoi réglementaire à connaître.
Feu de poupe : blanc, 135°
Placé aussi près que possible de la poupe, il éclaire 67,5° de chaque côté à partir de l’arrière. Le texte de la règle 21(c) est précis sur le détail : 67,5° de chaque côté, ce qui donne 135° au total.
Vérification arithmétique immédiate : 225° (feu de mât) + 135° (feu de poupe) = 360°. L’horizon est couvert intégralement, sans chevauchement ni lacune. C’est la démonstration que la règle 21 est une géométrie cohérente, pas une liste arbitraire de chiffres.
Définition
Feu de remorquage
Feu jaune ayant les mêmes caractéristiques que le feu de poupe. Le secteur de 135° n’est pas réécrit dans la règle 21(d) — il est renvoyé à la définition du feu de poupe (21c). La couleur jaune distingue ce feu du blanc du feu de poupe classique.
Le renvoi est important à comprendre : la règle 21(d) dit littéralement “un feu jaune ayant les mêmes caractéristiques que le feu de poupe”. Elle ne redéfinit pas le 135°. Si on te demande le secteur du feu de remorquage, tu réponds 135° en précisant que c’est déduit par renvoi à 21(c), pas explicitement écrit dans 21(d). Ce genre de nuance peut apparaître en oral de CMP.
Exemple
Feu de remorquage — ce qu'on voit de l'arrière
Un navire qui remorque montre, entre autres feux, un feu jaune à l’arrière à la place du blanc habituel. Si tu te trouves derrière lui de nuit et que tu vois un feu jaune là où tu attendrais un blanc, c’est le signal : il remorque quelque chose. Le 135° est le même — c’est la couleur qui change le sens du message.
Feu visible sur tout l’horizon et feu à éclats
Deux définitions courtes, mais chacune revient souvent dans les règles 27, 28, 30 et plus encore. Les mémoriser une fois pour toutes.
Feu visible sur tout l’horizon : 360°
La règle 21(e) est lapidaire : feu projetant une lumière ininterrompue sur un arc d’horizon de 360°. Pas de secteur directionnel. Il se voit de partout, et c’est précisément son rôle : signaler une condition particulière (navire au mouillage, navire non maître de sa manœuvre, objet à l’eau) sans ambiguïté de cap.
Feu à éclats : 120 éclats ou plus par minute
La règle 21(f) définit le rythme, pas la couleur. Un feu à éclats produit des éclats réguliers à raison de 120 ou plus par minute. La couleur et le contexte d’usage sont définis par les règles qui y renvoient (règle 36 notamment pour attirer l’attention). Le chiffre de 120 est le plancher minimum — le feu peut battre plus vite, pas moins.
Ne pas confondre 'feu à éclats' et 'feu isophase' ou 'feu scintillant'
Le COLREG définit uniquement le “feu à éclats” (120 éclats/min minimum). Les termes “isophase” ou “scintillant” appartiennent au balisage côtier (système AISM), pas à la règle 21. À l’examen RIPAM, si la question porte sur les feux de navires, seul “feu à éclats” est défini par la R21.
Voir aussi
Portées minimales des feux par longueur de navire (mât 6/5/3/2 milles), différence entre portée lumineuse et géographique, rôle de la hauteur d'œil.
Les portées minimales de chaque type de feu — ce que la R21 ne définit pas.
Hauteurs et positionnement : c’est l’Annexe I, pas la R21
C’est la nuance qui fait le plus de dégâts dans les copies et les oraux : confondre ce que définit la règle 21 et ce que définit l’Annexe I.
Ce que définit la règle 21 : couleur + secteur angulaire, point.
La R21 ne dit pas à quelle hauteur placer le feu de mât. Elle ne dit pas qu’il doit être à 6 m au-dessus du livet. Elle ne dit pas que les feux de côté doivent être sous le feu de mât. Elle définit uniquement la couleur et l’arc d’horizon de chaque type de feu.
Ce que définit l’Annexe I : positionnement et caractéristiques techniques.
L’Annexe I du COLREG — intitulée “Positionnement et caractéristiques techniques des feux et marques” — porte les hauteurs minimales, les écartements verticaux entre feux de mât, les distances à respecter entre feux de côté et feu de mât, les largeurs minimales des secteurs, et les spécifications d’intensité lumineuse. C’est là que se trouve, par exemple, la règle sur les 6 m au-dessus du livet pour le feu de mât d’un navire de plus de 20 m.
Piège classique — attribuer les hauteurs à la R21
“La règle 21 dit que le feu de mât doit être à 6 m au-dessus du pont” — c’est faux. La R21 ne dit rien sur les hauteurs. Si tu cites une hauteur dans un devoir ou à l’oral, tu dois citer l’Annexe I. Citer la R21 pour une hauteur, c’est une erreur de sourçage qui se voit immédiatement.
La R20(e) confirme le principe : les feux et marques prescrits doivent être conformes aux dispositions de l’Annexe I. Ce n’est pas la R21 qui renvoie à l’Annexe I pour les hauteurs — c’est la R20 qui pose la règle générale.
La règle 21 est un lexique, pas un code de montage. Elle te dit quoi allumer et sur quel arc. L’Annexe I te dit où le fixer.
Cette distinction couleur/secteur (R21) vs hauteur/positionnement (Annexe I) vs portée (R22) vs usage par type de navire (R23 et suivantes) est la structure de toute la partie C du RIPAM. La maîtriser, c’est comprendre comment le règlement est construit, pas seulement réciter des chiffres.
Voir aussi
Comprends la R23 du RIPAM : feu de mât, feux de côté, feu de poupe et portées selon la longueur. Identifier un R23 de nuit pour le CMP.
Application de ces définitions au cas concret : navire à propulsion mécanique.