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Table à cartes avec compas, règle parallèle, traces de routes au crayon, calcul d'estime en cours, ambiance navigation côtière
tuto Brevet : CMP Niveau 1/3 11 min de lecture

Calcul d'estime : cap, vitesse, route fond, dérive

Calculer ton estime au CMP : triade cap × vitesse × temps, dérive courant et vent, méthode du vecteur graphique, cas pratique chiffré.

Publié le 16 mai 2026 · Mis à jour le 16 mai 2026 · estime · navigation · dérive · courant · CMP

Objectif : construire une position estimée à partir d’un cap, d’une vitesse, d’un temps et d’un courant. Avant de commencer : savoir convertir un cap compas en cap vrai, mesurer une distance en milles et lire un courant SHOM. Piège à éviter : tracer le courant depuis le point de départ au lieu de l’ajouter depuis l’extrémité de la route surface.

Calculer son estime en 1 phrase

L’estime consiste à calculer ta position actuelle à partir de ta position de départ connue, de ton cap, de ta vitesse et du temps écoulé — en ajoutant l’effet du courant et de la dérive pour obtenir ta route fond réelle, là où tu te trouves vraiment par rapport au fond marin.

Ce n’est pas un exercice de table à cartes réservé à l’examen. C’est ce que tu fais chaque fois que tu te demandes mentalement : “Dans combien de temps je passe ce cap ?” ou “Est-ce que le courant de flot m’a décalé vers le banc ?” Le tracé formalise ce que ton cerveau fait en quelques secondes au quart. Autant que les deux se tiennent.

La triade cap × vitesse × temps

Tout commence par une formule simple.

Distance = Vitesse × Temps
D (milles nautiques) = V (nœuds) × T (heures)

Les unités sont fixes en navigation maritime : la vitesse en nœuds, la distance en milles nautiques (1 Mn = 1 852 m), le temps en heures ou en fractions décimales. Si tu navigues à 5 nœuds pendant 2h30, tu parcoures 5 × 2,5 = 12,5 milles nautiques.

Ce que la triade te donne, c’est la route surface (Rs) — la distance et la direction dans lesquelles ton navire s’est déplacé dans l’eau. Si l’eau était parfaitement immobile, ta route surface serait aussi ta route réelle par rapport au fond. L’eau ne l’est jamais.

Le loch mesure ta vitesse par rapport à l’eau, pas par rapport au fond. Si un courant de 2 nœuds te pousse de côté, ton loch l’ignore complètement. À l’examen CMP, tu n’as ni GPS ni AIS — tu as le loch, le compas et le chrono. Ces trois instruments te donnent la triade. Ensuite, c’est le tracé qui fait le reste.

Du cap compas au cap vrai

Avant de tracer quoi que ce soit sur ta carte SHOM, tu dois convertir le cap que tu lis sur ton compas en cap vrai. La carte SHOM est orientée vers le nord vrai (le pôle Nord géographique). Ton compas lit le nord compas, qui en diffère — parfois beaucoup.

Il y a deux corrections à appliquer, dans cet ordre.

La déviation (d) est l’écart entre le nord magnétique et le nord que lit ton compas. Elle est propre à ton navire : les masses métalliques, les équipements électriques, le moteur — tout ça perturbe l’aiguille. Elle change selon le cap suivi. La courbe de déviation de ton navire donne la valeur de d pour chaque cap compas de 0° à 360°. Si l’énoncé te la fournit, utilise-la.

La déclinaison (D) est l’écart entre le nord vrai et le nord magnétique. Elle dépend de ta position géographique et évolue lentement dans le temps. Tu la lis sur la double rose des vents de ta carte SHOM, avec le taux de variation annuel pour actualiser si nécessaire. Convention de signe : Est = positif, Ouest = négatif.

La variation totale W est la somme des deux :

W = D + d

Et la conversion est :

Cap vrai (Cv) = Cap compas (Cc) + W

Exemple concret : cap compas lu à 048°, déviation pour ce cap = +3°E, déclinaison locale actualisée = +2°E. Alors W = 5°E et Cv = 048° + 5° = 053°. C’est ce cap de 053° que tu traces sur ta carte.

Pour aller dans l’autre sens (de la carte vers le compas) : Cc = Cv − W.

Note de vocabulaire : certains manuels notent Wm pour la déviation seule et Wv pour la variation totale D + d. D’autres utilisent simplement W pour la variation totale. La formule est identique dans les deux cas. Vérifie la convention de ton manuel avant l’examen et tiens-toi à une seule tout au long du calcul.

La dérive : courant et vent

Ton cap vrai te dit où pointe ta proue. Ta route fond te dit où tu arrives réellement. Entre les deux : le courant et, pour les voiliers, la dérive au vent.

TermeCe que ça désigne
Cap vrai (Cv)Direction de la proue par rapport au nord vrai
Route surface (Rs)Trajectoire du navire dans la masse d’eau
Route fond (Rf)Trajectoire réelle du navire par rapport au fond — ce qui compte pour la navigation
CourantMouvement de la masse d’eau elle-même (direction + vitesse en nœuds)
Abattée ventÉcart entre le cap et la Rs pour un voilier sous l’effet de la poussée latérale du vent

La séquence de corrections :

Cc  →  +W  →  Cv  →  +abattée vent  →  Rs  →  +vecteur courant  →  Rf

Pour un navire à moteur par vent faible, l’abattée vent est souvent négligeable et on pose Rs ≈ Cv. Sur un voilier tirant un bord, elle peut devenir sensible et doit être prise en compte si l’énoncé ou la situation la fournit.

Un courant portant (dans l’axe de ta route) accélère ou freine ta vitesse fond sans te dévier latéralement. Un courant en travers te décale sur le côté — c’est lui qui génère l’essentiel de la dérive en navigation côtière. Le cas général est un courant oblique, combinaison des deux.

Les données du courant viennent de l’atlas des courants SHOM, page par page selon l’heure de marée par rapport à la pleine mer du port de référence. Tu lis la direction et la vitesse pour ta zone, avec distinction vives-eaux / mortes-eaux.

La méthode du vecteur graphique

L’estime se résout par une somme vectorielle de deux vecteurs tracés sur la carte, l’un après l’autre. Voici la marche à suivre.

Tu es au point A. Tu veux savoir où tu seras dans 2 heures.

Étape 1 — Vecteur Rs depuis A : Trace le cap vrai (Cv) depuis A au rapporteur. La longueur de ce segment, mesurée au compas de navigation à l’échelle de la carte, est la distance surface = V × T milles. Ce segment aboutit au point B.

Étape 2 — Vecteur courant depuis B : Depuis B (pas depuis A), trace la direction vers laquelle le courant porte. La convention marine nomme le courant d’où il vient, mais on le trace vers où il pousse. La longueur = vitesse du courant × durée en milles. Ce segment aboutit au point C.

Étape 3 — Route fond A → C : La droite de A à C est ta route fond. Sa longueur mesurée au compas de navigation donne la distance fond. Son orientation lue au rapporteur depuis A vers C donne le cap fond.

Le point C est ta position estimée à l’issue des 2 heures. Si le courant change d’intensité ou de direction en cours de route (courant de marée heure par heure), tu répètes le tracé pour chaque heure séparément, en enchaînant les vecteurs.

Construction graphique — vecteur estime

Somme vectorielle : cap navire + courant = route fond (Rf). Cas pratique CMP — cap 050°, courant 090°, durée 2h.

Calcul d'estime — triangle vectoriel : cap navire + courant = route fond Vue du dessus schématique, nord en haut. Depuis le point A (position de départ), vecteur bleu cap 050° sur 10 milles nautiques jusqu'au point B. Depuis B, vecteur orange courant portant 090° sur 4 milles jusqu'au point C (position estimée). La droite AC en vert représente la route fond réelle, cap 061°, distance 13,3 milles. Un arc jaune entre les vecteurs Rs et Rf indique l'angle de dérive de 11° vers l'Est. N S E O A Position départ 09h00 Cap 050° 10 Mn (Rs) B Courant 090° 4 Mn (Vc × 2h) C Position estimée 11h00 Route fond (Rf) Cap 061° — 13,3 Mn ≈ 11° de dérive vers l'Est LÉGENDE Rs — Cap 050° · 10 Mn Courant 090° · 4 Mn Rf — 061° · 13,3 Mn Dérive courant ≈ 11° Échelle : 20 px = 1 Mn
Élément Valeur Rôle
Cap vrai (Cv) 050° Tracé sur la carte après correction W (Cc 045° + 5°)
Distance surface (Rs) 10 Mn 5 nœuds × 2h — vecteur A→B
Courant 090° · 4 Mn 2 nœuds × 2h portant 090° — vecteur B→C
Route fond (Rf) 061° · 13,3 Mn Vecteur résultant A→C — position réelle
Dérive courant 11° Est Angle entre Rs (050°) et Rf (061°) — écart vers l'Est

Pourquoi la méthode graphique plutôt que la trigonométrie ? À l'examen CMP, tu traces les vecteurs directement sur la carte avec rapporteur et compas de navigation. Le résultat (cap Rf, distance) se lit sur la carte — pas dans une calculatrice. La trigonométrie donne le même résultat mais n'est jamais demandée au CMP.

Cas pratique chiffré CMP

Voici un scénario type examen, résolu entièrement.

Données :

  • Position de départ : point A sur la carte
  • Cap compas : 045°
  • Déviation (courbe fournie) : +2°E pour ce cap
  • Déclinaison (carte SHOM actualisée) : +3°E
  • Vitesse navire (loch) : 5 nœuds
  • Durée : 2 heures
  • Courant : portant 090° (vers l’Est), vitesse 2 nœuds

Étape 1 — Cap vrai :

W = D + d = 3° + 2° = +5°E
Cv = Cc + W = 045° + 5° = 050°

Le cap à tracer sur la carte est 050°.

Étape 2 — Vecteur Rs :

Distance surface = 5 nœuds × 2 h = 10 milles nautiques

Depuis A, trace 10 Mn au cap 050° → point B.

Étape 3 — Vecteur courant :

Déplacement courant = 2 nœuds × 2 h = 4 milles nautiques

Depuis B, trace 4 Mn au cap 090° (vers l’Est) → point C.

Étape 4 — Route fond A → C :

Le tracé graphique sur la carte donne directement le cap fond et la distance fond. Tu mesures A → C au compas de navigation et tu lis l’angle au rapporteur. Sans calculatrice, c’est tout ce que l’examen CMP demande.

Pour vérification mentale : le courant te pousse vers l’Est alors que ton cap pointait au nord-est. Ta route fond sera plus orientée vers l’est que ton cap — environ 11° de dérive, avec une distance fond d’environ 13 milles nautiques. C’est cohérent avec le tracé.

Ce que l’examinateur vérifie : que tu traces le vecteur courant depuis B (pas depuis A), que tu utilises la durée dans la longueur du vecteur courant, et que tu lises le cap fond depuis A vers C.

Recaler son estime

L’estime n’est pas une méthode exacte. L’erreur s’accumule.

Pourquoi l’erreur s’accumule : l’imprécision du loch, l’imprécision du compas, et surtout l’incertitude sur le courant réel. L’atlas SHOM donne des champs de courant moyens : la mer réelle du jour peut s’en écarter selon le coefficient, la météo et la topographie locale. Plus tu avances sans recalage, plus l’ellipse d’incertitude grossit.

Règle pratique : recale toutes les 30 à 60 minutes en navigation côtière, toutes les 2 à 4 heures au large.

Comment recaler :

  • Relèvement de 3 amers — tu prends 3 relèvements compas sur des points identifiés sur la carte SHOM, tu corriges chacun de W pour avoir le cap vrai, tu traces les droites de position correspondantes. Leur intersection (ou le triangle d’erreur s’il y en a un) te donne ta position réelle. C’est la méthode la plus fiable visuellement.
  • Alignement d’amers — si deux amers distincts sont dans ton alignement visuel, tu es sur l’arc de cercle défini par cet alignement. Un alignement + un relèvement = position précise.
  • Point GPS — confirme et recale l’estime, mais ne la remplace pas durablement. Un GPS peut tomber en panne, être brouillé, ou être absent à l’examen.
  • Sondeur — la profondeur relevée croisée avec les courbes bathymétriques de la carte peut confirmer une position approximative.

La tenue du journal de bord — noter cap, vitesse et courant à intervalles réguliers — permet de reconstruire l’estime a posteriori en cas de doute. C’est une bonne pratique de navigation, et une exigence formelle selon le type de navire, l’activité et le cadre réglementaire applicable.

Pièges fréquents à l’examen CMP

Six erreurs reviennent en boucle dans les copies et à l’oral.

Piège 1 — Cap compas pris pour cap vrai. Tu lis 045° sur ton compas, tu traces 045° sur la carte. Si W n’est pas nul, c’est faux. La règle absolue : ce qui se trace sur la carte SHOM est toujours un cap vrai. La conversion Cc → Cv via W est obligatoire, même si W est petit.

Piège 2 — Oublier la déviation. La déclinaison est sur la carte — tout le monde la voit. La déviation, beaucoup l’oublient ou supposent qu’elle est nulle. Si l’énoncé fournit une courbe de déviation, c’est pour être utilisée. Une déviation oubliée fausse W et donc Cv.

Piège 3 — Vecteur courant tracé depuis A au lieu de depuis B. C’est l’erreur de méthode graphique la plus fréquente. Le vecteur courant part de l’extrémité du vecteur Rs, c’est-à-dire depuis B. Depuis A : la diagonale obtenue est fausse. Depuis B : tu obtiens la vraie Rf.

Piège 4 — Courant tracé vers d’où il vient. Un courant “du 270°” vient de l’Ouest — il porte donc vers l’Est (090°). Sur la carte, tu traces vers où le courant pousse (090°), pas vers d’où il vient (270°). Inverser le sens retourne le vecteur et donne une position estimée dans la mauvaise direction.

Piège 5 — Oublier de multiplier la vitesse du courant par la durée. Si le courant fait 1,5 nœud et que tu navigues 2 heures, le vecteur courant mesure 1,5 × 2 = 3 milles, pas 1,5. Oublier ce facteur temps sous-estime massivement la dérive.

Piège 6 — Supposer qu’un courant portant ne modifie pas la position estimée. Un courant exactement dans l’axe de ta route ne te dévie pas latéralement, mais il déplace quand même le point C vers l’avant ou l’arrière, modifiant la distance fond. Il ne faut pas supprimer ce vecteur du tracé sous prétexte qu’il est “dans le sens du cap”.

Micro-exercice — où tracer le courant ?

Tu pars du point A au cap vrai 060°. Ton loch indique 5 nœuds pendant 2 heures. Le courant porte au 120° à 1 nœud pendant la même durée.

Question : quelle construction graphique fais-tu sur la carte ?

Correction attendue : tu traces d’abord depuis A la route surface : 5 × 2 = 10 milles au 060°, jusqu’au point B. Puis tu traces depuis B le vecteur courant : 1 × 2 = 2 milles au 120°, jusqu’au point C. La droite A → C donne ta route fond et ta distance fond. Si tu traces le courant depuis A, tu fausses toute l’estime.

À mémoriser

Mémo express — Calcul d'estime

La triade et les unités

  • D (milles nautiques) = V (nœuds) × T (heures) — toujours.
  • Le loch mesure la vitesse dans l'eau, pas par rapport au fond. La triade donne la route surface (Rs), pas la route fond (Rf).
  • 5 nœuds × 2h = 10 milles nautiques parcourus dans l'eau — point de départ du tracé, pas d'arrivée.

Conversion cap compas → cap vrai

  • W = D + d (déclinaison + déviation). Convention : Est = positif, Ouest = négatif.
  • Cv = Cc + W — c'est le cap que tu traces sur la carte SHOM.
  • Retour carte → compas : Cc = Cv − W.
  • Certains manuels notent Wm pour la déviation seule et Wv pour D + d. La formule est la même.

Méthode du vecteur graphique

  • Depuis A : trace le vecteur Rs (cap Cv, longueur V × T) → point B.
  • Depuis B (pas depuis A) : trace le vecteur courant (direction et longueur Vc × T) → point C.
  • La droite A → C est la route fond (Rf). Sa longueur = distance fond, son cap = cap fond.
  • Le courant se trace vers où il pousse, pas vers d'où il vient.

Recalage et limites

  • L'estime accumule de l'erreur avec la distance. Recaler régulièrement en côtier.
  • Méthode de référence : 3 relèvements d'amers corrigés de W → 3 droites de position → position réelle.
  • Un GPS confirme mais ne remplace pas : il peut tomber en panne ou être absent à l'examen.
  • Journal de bord : noter cap, vitesse, courant à intervalles réguliers — bonne pratique et exigence selon le cadre de navigation.

Sources

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre Wm et Wv dans le calcul d'estime ?

Certains manuels notent Wm pour la déviation seule (l'erreur propre à ton compas et à ton navire) et Wv pour la variation totale déviation + déclinaison. D'autres utilisent simplement W pour désigner cette même variation totale. La formule reste identique : W = D + d, où D est la déclinaison lue sur la carte SHOM et d est la déviation tirée de la courbe de ton navire. L'important avant l'examen : vérifier quelle lettre ton manuel utilise pour désigner quoi, et appliquer la même convention du début à la fin du calcul. Mélanger les deux notations dans un même exercice garantit l'erreur.

La dérive au vent s'additionne-t-elle à la dérive du courant ?

Oui, mais différemment selon le type de navire. Sur un moteur par vent faible à modéré, l'abattée vent est souvent négligeable. Sur un voilier tirant un bord, elle peut devenir sensible selon le gîte et la forme de la carène. En pratique, on traite la dérive vent comme un décalage entre le cap vrai et la route surface, avant même d'appliquer le vecteur courant. Pour l'examen CMP, si l'énoncé ne donne pas de valeur d'abattée, tu ne l'inventes pas : tu supposes qu'elle est nulle ou que le cap vrai est déjà corrigé.

À quelle fréquence doit-on recaler son estime en navigation côtière ?

En navigation côtière avec des amers visibles, l'ordre de grandeur utile est un recalage très régulier, souvent toutes les 30 à 60 minutes. Au large, l'intervalle peut être plus long selon la situation. L'estime accumule une erreur proportionnelle à la distance parcourue : loch, compas, courant réel et courant prévu ne coïncident jamais parfaitement. En zone côtière, où les dangers peuvent être proches de ta route, attendre plusieurs heures sans recalage revient à naviguer avec une incertitude qui grossit vite. Le GPS aide, mais ne remplace pas le raisonnement par relèvement.

Comment lire le courant horaire dans l'atlas des courants SHOM ?

L'atlas des courants SHOM est organisé par heure de marée par rapport à la pleine mer du port de référence : la page H-6 montre le courant 6 heures avant la PM, H+1 une heure après la PM, etc. Pour chaque page, tu lis la direction (flèche) et la vitesse en nœuds pour ta zone, en distinguant vives-eaux (VE) et mortes-eaux (ME). Si tu es entre les deux, tu interpoles. La valeur que tu utilises dans ton tracé vectoriel est la vitesse du courant × la durée de navigation. Si tu navigues 2 heures à cheval sur deux pages horaires, tu traces deux vecteurs courant successifs, un par heure.

Peut-on faire l'estime de tête sans tracer sur la carte ?

Oui, et c'est souvent la réalité d'un quart de nuit : tu estimes mentalement ta dérive à chaque heure. 'Le courant de flot porte à l'est depuis 1h30 à 1,5 nœud, j'ai donc dérivé d'environ 2,2 milles vers l'est.' C'est l'estime mentale — moins précise mais indispensable pour anticiper avant d'ouvrir la table à cartes. L'examen CMP demande le tracé graphique formel, mais sur l'eau, le réflexe mental fait gagner des minutes précieuses. Les deux approches se complètent : l'estime mentale te dit si quelque chose cloche, le tracé confirme ou corrige.