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Vue de dessus de deux navires amarrés côte à côte dans un port, amarres colorées bien tendues, défenses entre les coques
tuto Brevet : CMP Niveau 1/3 14 min de lecture

Amarrage à couple : technique, amarres et séquence

Comment s'amarrer à couple en plaisance ou en pêche : tête, queue, gardes, traversières, défenses, séquence d'accostage et pièges courants. Niveau CMP.

Publié le 16 mai 2026 · Mis à jour le 16 mai 2026 · amarrage · manoeuvre de port · amarres · couple · CMP

L’amarrage à couple en une phrase

Deux navires amarrés flanc contre flanc : le navire intérieur est directement au quai ou au ponton, le navire extérieur s’attache à lui — et non au quai — en passant ses amarres longues par-dessus ou en dessous du premier. Le navire extérieur ne touche jamais le quai directement, sauf s’il dispose d’amarres assez longues pour y aller directement.

Le mot “couple” vient de la charpente navale : les couples sont les membrures transversales qui forment la coque, comme les côtes pour un humain. Amarrer à couple, c’est mettre deux squelettes de navire côte à côte.

Quand et pourquoi s’amarrer à couple

Le cas le plus fréquent : le port est plein. La capitainerie te demande de te mettre à couple d’un navire déjà amarré parce qu’il n’y a plus de place directe au quai. En été sur les îles bretonnes — Belle-Île, Groix, Île de Ré, Sauzon, Glénan — c’est la norme plutôt que l’exception.

Autres situations courantes :

  • Ports de pêche : plusieurs chalutiers rentrent ensemble, les pontons sont limités. Les bateaux se mettent à couple deux à deux, parfois trois. La manœuvre doit être rapide, souvent en condition de fatigue.
  • Escale technique courte : ravitaillement en carburant depuis une barge avitailleuse, transfert d’équipage ou de matériel entre deux navires. La manœuvre dure quelques heures, les amarres sont mises en double.
  • Éclusage : dans certaines écluses, plusieurs navires entrent ensemble à couple pour gagner du temps et de la place.

Le code de courtoisie — ce qu’on oublie en cours :

Toujours demander la permission au navire intérieur avant d’approcher. VHF canal 72 ou 09, ou simplement un appel vocal depuis 20 mètres. Annonce ton heure de départ prévue — si tu pars à 6h du matin et que l’équipage d’à côté dort, préviens la veille. C’est toi, l’arrivant, qui places tes défenses : c’est toi qui protèges les deux coques. Et quand tu traverses le navire intérieur pour rejoindre le quai, tu passes toujours par l’avant du mât (plage avant), jamais par le cockpit.

Anatomie des amarres : tête, queue, gardes, traversières

Voilà ce que j’aurais voulu qu’on m’explique avec un schéma dès le premier cours. Cinq types d’amarres, cinq rôles distincts — et si tu en oublies une, le navire bougera dans la direction qu’elle était censée retenir.

La tête (head line) part de l’avant du navire et s’engage vers l’avant, dans le sens où pointe la proue. Elle retient longitudinalement vers l’arrière — sans elle, l’avant recule. En amarrage à couple, la tête peut aller sur la bitte avant du navire intérieur ou directement à quai si l’amarre est assez longue.

La queue (stern line) part de l’arrière et s’engage vers l’arrière. Symétrique de la tête — elle retient longitudinalement vers l’avant. Sans elle, l’arrière chasse.

La garde montante (forward spring) part de l’arrière du navire (ou du milieu) et va vers l’avant — elle “monte” vers la proue. Elle empêche le navire de reculer. C’est l’amarre qui travaille le plus quand le navire est poussé vers l’arrière par le courant ou le vent arrière.

La garde descendante (after spring) part de l’avant (ou du milieu) et va vers l’arrière — elle “descend” vers la poupe. Elle empêche le navire d’avancer. Elle travaille quand le vent ou le courant pousse vers l’avant.

La traversière (breast line) est une amarre perpendiculaire, qui relie directement le bord du navire extérieur au bord du navire intérieur (ou au quai si la longueur le permet). Elle maintient les deux coques jointives latéralement et évite l’écartement progressif. Elle n’a pas de rôle longitudinal — elle complète les gardes, elle ne les remplace pas.

Configuration minimum : 4 amarres — tête + queue + 2 gardes croisées. Ce minimum convient pour une escale courte (2 à 4 heures) par faible vent et sans marnage. En configuration recommandée : 4 à 6 amarres avec une ou deux traversières. En escale longue ou mauvais temps : toutes les amarres en double, gardes passées directement sur les bittes du quai si la distance le permet.

Amarrage à couple

Vue de dessus : navire intérieur amarré au quai, navire extérieur à couple. 5 amarres codées couleur.

Schéma d'amarrage à couple — vue de dessus Vue de dessus montrant deux navires amarrés côte à côte (à couple). Le navire intérieur (bleu foncé) est amarré bâbord au quai (rectangle gris en bas). Le navire extérieur (bleu clair) est amarré bâbord au navire intérieur. Cinq types d'amarres sont représentés en couleur : tête (rouge), queue (orange), garde montante (vert foncé), garde descendante (vert clair), traversière (jaune). Des défenses grises sont intercalées entre les deux coques pour éviter les frottements. QUAI Navire intérieur (à quai) Navire extérieur (à couple) Défenses 1 2 3 4 5 ↑ proue ↓ poupe CÔTÉ LIBRE CÔTÉ QUAI

Légende des amarres

1 — Tête (head line)
2 — Queue (stern line)
3 — Garde montante
4 — Garde descendante
5 — Traversière
Défense
Bitte / taquet

Amarres tiretées = navire intérieur vers le quai. Amarres pleines = couplage entre navires.

Matériel : cordages, bittes, défenses

Les cordages — deux matériaux dominent en plaisance :

Le polyamide (nylon) est le meilleur choix pour l’amarrage. Son élasticité élevée (allongement à la rupture ~40 à 50 %) amortit les à-coups de houle et les claquements de vent. Un cordage qui peut s’allonger absorbe le choc sans le transmettre à la bitte. Référence normative : AFNOR NF EN ISO 1140.

Le polyester (dacron) est moins élastique (15 à 20 % d’allongement). Bon compromis résistance-stabilité pour les gardes qui ne doivent pas trop s’allonger avec le temps. Référence normative : AFNOR NF EN ISO 1141.

Le polypropylène est à éviter pour les amarres principales : il vieillit vite aux UV et sa résistance est moindre. Les fibres hautes performances (Dyneema, HMPE) sont quasi-inextensibles — inconvénient majeur à l’amarrage car elles transmettent les chocs sans amortissement.

Règle de dimensionnement pratique : garde une marge importante entre l’effort attendu et la charge de rupture du cordage. Le diamètre utile dépend du déplacement, du fardage, du type de poste, de la houle dans le port et de l’état réel des amarres. Pour un petit voilier, on raisonne donc en ordre de grandeur, puis on vérifie les recommandations du fabricant et l’état du matériel.

Bittes et taquets — la bitte (bollard) est un cylindre sur lequel on tourne l’amarre en croix. Elle encaisse les efforts dans toutes les directions et reste le point d’attache le plus sûr pour des efforts importants. Le taquet (cleat), à deux cornes, est plus courant sur les petits voiliers mais peut être sous-dimensionné en cas de gros efforts. Avant de faire force sur un taquet de pont, vérifie la visserie.

Les défenses sont souvent sous-dimensionnées. En amarrage à couple, les deux coques se touchent en permanence et amplifient les mouvements de houle. Une défense trop petite ou mal positionnée garantit les rayures. Règle empirique : diamètre idéal = deux tiers de la hauteur du franc-bord. Pour un voilier de 10 m avec 60 cm de franc-bord, prévois des défenses cylindriques d’au moins 40 cm de diamètre. Nombre minimum : une défense tous les 2,5 m de longueur de coque, et au moins 3 à 4 entre les deux navires. Les pneus sont à proscrire sur les coques composites — ils laissent des traces noires indélébiles.

La séquence d’accostage en 6 étapes

Avant de manœuvrer, prépare le navire : sors toutes les défenses, passes-les par-dessus bord du côté de l’accostage à la bonne hauteur (au niveau du pont du voisin, pas du tien), prépare les amarres dans l’ordre d’envoi (tête à l’avant avec un matelot prêt, queue à l’arrière), et contacte le navire intérieur.

Étape 1 — Approche parallèle, vitesse minimale. Approche quasi-parallèle ou légèrement oblique (15 à 30° d’angle), depuis l’avant ou depuis l’arrière selon la place disponible et le sens du courant. Réduis progressivement jusqu’à la vitesse la plus faible possible. Arriver plus doucement qu’on ne pense utile est la règle : une erreur d’approche trop rapide, c’est un choc de coque. Si le VHF est possible, confirme la manœuvre avec le navire intérieur sur le canal 72 ou 09.

Étape 2 — Envoie la tête en premier. Quand ta proue est à 1 à 2 mètres du navire intérieur, le matelot de l’avant envoie ou pose la tête sur la bitte avant du navire intérieur. Le matelot de l’intérieur la reçoit et la tourne autour de sa bitte. La tête n’est pas raidie immédiatement — elle guide l’avant, elle ne le bloque pas encore.

Étape 3 — Envoie la queue. Le matelot de l’arrière envoie ou pose la queue sur la bitte arrière du navire intérieur. Même logique : retenue, pas raidie.

Étape 4 — Ajustement moteur pour aligner les coques. Le barreur utilise de légères impulsions (avant/arrière) pour parfaire l’alignement longitudinal. L’objectif : les deux coques parallèles et jointives sur toute leur longueur utile, défenses bien positionnées entre les deux.

Étape 5 — Envoie les gardes croisées. Une fois les coques alignées, les matelots envoient les gardes. La garde montante part de l’arrière vers l’avant du navire intérieur ; la garde descendante part de l’avant vers l’arrière. Les gardes passent idéalement directement sur les bittes du quai si la longueur le permet — sinon sur les bittes du navire intérieur.

Étape 6 — Tension finale, ajout des traversières. Raider les amarres dans l’ordre : gardes d’abord (elles stabilisent longitudinalement), puis tête et queue, puis traversières. Coupe le moteur. Vérifie que les défenses couvrent bien toute la zone de contact. Les amarres doivent avoir un léger mou — “tendu mais souple” est l’état cible. Une amarre raidie à bloc ne peut plus amortir les à-coups.

Rôles à bord :

RôleTâche principale
BarreurApproche, impulsions moteur, décisions
Matelot avant (ton navire)Porte et envoie la tête, positionne les défenses avant
Matelot arrière (ton navire)Porte et envoie la queue, positionne les défenses arrière
Équipier navire intérieurReçoit les amarres, les tourne sur les bittes, guide par gestes

À deux (fréquent en plaisance) : le barreur gère le moteur, l’équipier court d’avant en arrière. Priorité : défenses avant de toucher → tête → queue → gardes.

Cas particuliers : marée, vent, courant

Port à marée — le cas breton et manche. En Manche et Atlantique, le marnage peut être très important. Règle empirique : prévoir assez de longueur utile pour couvrir toute la course de marée, avec une marge, sans laisser le navire flotter sans retenue. En pratique, passe les amarres en double sur les bittes quand c’est pertinent, et garde une géométrie qui travaille à la montée comme à la descente. Les défenses cylindriques doivent être attachées sur un cordage assez long pour couvrir toute la course de marnage — ou utilise des anneaux de marée coulissants si le ponton en est équipé. En vive-eau, surveille et ajuste régulièrement : une amarre parfaite à 18h peut être en surcontrainte plus tard.

Vent travers ou vent fort. Quand le vent devient établi ou rafaleux, double les gardes du côté du vent. Si le vent vient de la mer et pousse le navire extérieur contre l’intérieur, renforce les traversières. Si le vent vient du quai et tente d’arracher le navire extérieur de l’intérieur, renforce les gardes et les amarres de tête et queue, et envisage des amarres longues directement à quai. Si le coup de vent prévu dépasse ce que le poste peut encaisser, cherche un mouillage ou un poste individuel mieux protégé.

Courant fort. Renforce les amarres de tête et queue dans le sens du courant pour éviter que le navire pivote. Doublez les gardes. La traversière devient secondaire — ce sont les gardes qui reprennent les efforts longitudinaux du courant. Surveille le risque d’égoutture des amarres sous la coque si le courant les rabat vers le bas.

Manœuvre de départ : qui largue quoi, dans quel ordre

Cas 1 — Le navire extérieur part. C’est la situation la plus courante.

  1. Démarre le moteur, préviens l’équipage et le navire intérieur.
  2. Récupère d’abord les amarres longues que tu avais peut-être passées directement à quai.
  3. Largue les traversières en premier — elles n’encaissent pas de charge longitudinale, leur retrait est sans risque.
  4. Largue la garde descendante (selon le sens du vent et du courant).
  5. Conserve la tête et la garde montante pour pivoter l’avant.
  6. Impulsion moteur arrière doux pour éloigner l’arrière du navire intérieur.
  7. Largue la garde montante.
  8. Largue la tête en dernier, en accord avec l’équipage du navire intérieur.
  9. Dégage dans le sens inverse à l’accostage — par l’arrière de préférence si le courant le permet.

La dernière amarre larguée est toujours celle qui retient contre le vent ou le courant dominant — elle te sert de pivot pour dégager proprement.

Cas 2 — Le navire intérieur part. Situation plus complexe, coordination obligatoire.

Le navire intérieur doit t’avoir prévenu la veille. En urgence, il t’appelle sur le VHF ou te réveille. Ta tâche : préparer des amarres longues qui iront directement à quai avant que l’intérieur ne dégage — celles qui passaient via lui doivent être rallongées ou remplacées. La séquence : le navire intérieur largue toutes ses amarres sur le quai, tu tiens le système temporairement avec tes propres amarres longues, il dégage, tu t’amarres directement à quai. Si le quai est trop loin, tu recules temporairement, l’intérieur dégage, tu avances et t’amarres.

La manœuvre est impossible sans communication préalable. C’est la règle absolue du couple.

Pièges récurrents et erreurs fréquentes

1. Défenses insuffisantes en nombre et en taille. Le kit de série d’un voilier de 10 m est calibré pour ranger, pas pour résister à un amarrage à couple par mer formée. Sors toutes tes défenses. Si tu en as 3, ça ne suffit pas. Le coût d’une bonne défense (30 à 60 €) est sans commune mesure avec une réparation de coque.

2. Amarres trop tendues. Une amarre raidie à bloc sur du polyamide ne peut plus s’allonger. Au passage d’un sillage ou d’une houle, elle transmet le choc brutal aux bittes. Résultat : bitte arrachée ou amarre rompue avec effet fouet dangereux. Les amarres doivent avoir un léger mou, toujours.

3. Oubli des gardes — ou gardes mal passées. Sans gardes, le navire glisse longitudinalement malgré la tête et la queue. Les deux navires se décalent de plusieurs mètres, les défenses ne couvrent plus la zone de contact et les coques se rayent. Erreur fréquente chez les débutants qui croient que “l’avant et l’arrière sont retenus donc le navire ne bougera pas”.

4. Confusion tête et queue dans le brief d’équipage. Tête = vers l’avant, queue = vers l’arrière. En conditions de stress — port encombré, courant, équipier stressé — la confusion est courante. Brief clair avant l’approche : “tu prends la tête à l’avant, tu attends que je sois à 2 mètres, tu la poses sur la première bitte disponible.”

5. Défaut de communication avec le navire intérieur. S’amarrer à couple d’un navire vide ou sans accord est une faute de courtoisie grave et peut créer un vrai problème de sécurité. Si la capitainerie organise l’amarrage à couple, suis ses consignes, mais annonce toujours ton arrivée. En pratique : VHF canal 72 ou 09 selon le port, ou un appel vocal depuis 20 mètres.

6. Traverser le navire intérieur sans demander. Règle universelle : quand tu rejoins le quai en traversant le navire intérieur, tu passes toujours par la plage avant (devant le mât), jamais par le cockpit. Tu frappes avant d’enjamber. L’oubli crée des conflits dans les ports en été.

7. Départ silencieux à l’aube. Si tu pars en premier et que le navire intérieur n’est pas prévenu, il risque de se retrouver avec des amarres qui traînent, des défenses qui tombent, et un navire qui bouge sans personne aux commandes. Préviens toujours la veille.

8. Mauvaise gestion de la marée. Une amarre tendue à marée haute est en surcontrainte à mi-marée basse. À l’inverse, trop de mou à marée haute → le navire flotte sans retenue à marée basse. La vigilance ne s’arrête pas au moment de l’amarrage.

À mémoriser

Mémo express — Amarrage à couple

L'essentiel en 1 phrase

  • L'intérieur est au quai, l'extérieur s'attache à lui avec cinq amarres dont les gardes croisées sont les plus importantes — sans elles, le navire glisse longitudinalement même si la tête et la queue sont là.

Les 5 types d'amarres et leur fonction

  • Tête (head line) — avant vers avant. Retient contre le glissement arrière.
  • Queue (stern line) — arrière vers arrière. Retient contre le glissement avant.
  • Garde montante (forward spring) — arrière du navire vers l'avant. Empêche le recul.
  • Garde descendante (after spring) — avant du navire vers l'arrière. Empêche l'avance.
  • Traversière (breast line) — perpendiculaire, mi-navire. Plaque les coques côte à côte, pas de rôle longitudinal.

La séquence d'accostage en 6 étapes

  • Approche parallèle, vitesse minimale, communication VHF.
  • Tête en premier — avant sur la bitte avant du navire intérieur.
  • Queue — arrière sur la bitte arrière du navire intérieur.
  • Ajustement moteur pour aligner les coques.
  • Gardes croisées — montante puis descendante.
  • Tension dans l'ordre gardes → tête/queue → traversières. Léger mou obligatoire.

Pièges récurrents

  • Amarres trop tendues = rupture au passage de houle ou à la baisse de marée.
  • Défenses sous-dimensionnées = rayures de coque garanties.
  • Oubli des gardes = décalage longitudinal progressif, contact coque non protégé.
  • Départ sans prévenir l'autre équipage = incident assuré.
  • Marée : prévoir assez de longueur utile pour toute la course de marée, avec marge. Surveiller régulièrement en vive-eau.

Sources

Questions fréquentes

Combien d'amarres faut-il pour un amarrage à couple ?

Minimum 4 : une tête (avant vers avant), une queue (arrière vers arrière), et deux gardes croisées. Ce minimum convient pour une escale courte par faible vent et sans marnage. Pour une escale longue, en cas de vent établi ou de marée significative, ajoute une ou deux traversières et passe les amarres en double sur les bittes.

Le navire intérieur peut-il refuser d'être accueilli à couple ?

En pratique portuaire, si la capitainerie organise l'amarrage à couple, le navire intérieur coopère généralement avec la manœuvre. Mais les règles exactes dépendent du règlement du port et des consignes de la capitainerie. Le bon réflexe reste opérationnel : demander l'accord avant d'approcher, suivre les instructions du port, et prévoir si possible des amarres longues directement à quai pour ne pas dépendre du voisin en cas de départ anticipé.

Comment gérer la marée en amarrage à couple ?

Prévoir assez de mou pour couvrir toute la course de marée, avec une marge. En Manche et Atlantique, un fort marnage représente plusieurs mètres de cordage supplémentaire. Les amarres trop tendues à marée haute peuvent se retrouver en surcontrainte à marée basse — la bitte arrache ou l'amarre rompt. En vive-eau, surveille et ajuste régulièrement.

Peut-on s'amarrer à couple si le vent est fort ?

Oui, avec précautions. Quand le vent devient établi ou rafaleux, double les amarres qui travaillent, en particulier les gardes du côté du vent. Si le vent pousse le navire extérieur contre l'intérieur, renforce les traversières et vérifie que les amarres du navire intérieur sur le quai ne subissent pas le fardage cumulé des deux coques. Si le coup de vent annoncé dépasse ce que le poste peut encaisser, cherche un poste individuel ou un abri mieux protégé.

Dans quel sens doit pointer ma proue par rapport au navire intérieur ?

Dans le même sens que le navire intérieur, proue contre proue, poupe contre poupe. Cette configuration facilite la communication entre les deux équipages, la gestion des départs et le passage de pont. L'orientation inverse ne se justifie que dans les écluses contraintes ou en configuration d'urgence.